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Filtrer les spams sur un serveur mail (SpamAssassin)

jeudi 25 mars 2010 à 22:25

Pour continuer ma série d’articles sur l’auto-hébergement de ses mails, je vais présenter l’installation de SpamAssassin.

Pour mon serveur mail (et plus généralement pour les outils que j’utilise), j’essaie de mettre en place uniquement ce dont j’ai besoin. Et jusqu’ici, je n’avais pas l’utilité d’un anti-spams, ne recevant aucun courrier indésirable. Mais depuis peu, j’en reçois un de temps en temps… C’est donc l’occasion de m’y mettre.

Installation et configuration

Il existe plusieurs méthodes, j’ai choisi la plus simple : c’est procmail qui fournit les mails à SpamAssassin.

Il faut tout d’abord installer et configurer procmail, puis installer le paquet spamassassin :

sudo apt-get install spamassassin

Ensuite, rajouter dans ~/.procmailrc la règle suivante (copiée de doc) :

# Pipe the mail through spamassassin (replace 'spamassassin' with 'spamc'
# if you use the spamc/spamd combination)
#
# The condition line ensures that only messages smaller than 250 kB
# (250 * 1024 = 256000 bytes) are processed by SpamAssassin. Most spam
# isn't bigger than a few k and working with big messages can bring
# SpamAssassin to its knees.
#
# The lock file ensures that only 1 spamassassin invocation happens
# at 1 time, to keep the load down.
#
:0fw: spamassassin.lock
* < 256000
| spamassassin

Enfin, éditer /etc/spamassassin/local.cf.

Pour uniquement ajouter les en-têtes de spam (ce qui est suffisant pour filtrer), il faut changer la valeur de report_safe :

report_safe 0

Pour ajouter un tag dans le sujet d’un mail considéré comme un spam :

rewrite_header Subject *****SPAM*****

Il est également possible de configurer le score requis pour qu’un mail soit considéré comme un spam. Plus cette valeur est faible, plus le filtre est agressif. La valeur par défaut (5.0) est un peu faible, je vous conseille d’augmenter un peu si vous voulez limiter les faux-positifs :

required_score 6.0

Rajouter éventuellement les lignes suivantes :

# Langues attendues (les autres auront un score plus élevé)
ok_languages fr

# Rapports en français
lang fr

Pour ajouter un expéditeur en liste blanche, rajouter :

whitelist_from any@mail.com

Test

Pour tester, le plus simple est de mettre un filtre très sévère, par exemple avec un score négatif :

required_score -2

En m’envoyant un mail à moi-même qui contient comme sujet test, je constate à la réception que les en-têtes ont été modifiés :

Subject: *****SPAM***** test
Date: Thu, 25 Mar 2010 21:19:52 +0100
Message-Id: <1269548392.9798.9.camel@rom-laptop>
X-Spam-Flag: YES
X-Spam-Checker-Version: SpamAssassin 3.2.5 (2008-06-10) on rom-eeebox
X-Spam-Level: ***
X-Spam-Status: Yes, score=3.9 required=-2.0 tests=ALL_TRUSTED,

Le mail a bien été détecté comme un spam. Ça fonctionne.

Filtrage

Maintenant que les spams sont détectés, il faut les traiter (les déplacer dans un dossier prévu à cet effet).

Il suffit pour cela de créer un dossier sur le serveur :

maildirmake.dovecot ~/Maildir/.Spams

et d’ajouter la règle suivante dans ~/.procmailrc (plus d’infos) :

:0
* ^X-Spam-Status: Yes
.Spams/

Conclusion

Les spams auront maintenant un peu plus de mal à se glisser dans ma boîte mail.

La configuration présentée ici est vraiment minimale. Selon son efficacité il faudra peut-être l’affiner.

Voir aussi

Mes précédents billets sur l’auto-hébergement des mails :

Débats sur la LOPPSI : lettre (ouverte) aux députés

mardi 19 janvier 2010 à 22:31

Mesdames et messieurs les députés,

Le projet LOPPSI a été planifié les 9, 10 et 11 février à l’Assemblée Nationale.

Je n’ai pas lu tout le projet de loi (n’étant pas compétent sur le contenu de tous les articles), mais j’ai lu avec attention ceux concernant Internet (2, 3, 4 et 23), que j’avais analysés l’année dernière : loppsi.pdf.

Je souhaiterais en particulier attirer votre attention sur le dispositif principal (l’article 4) qui prétend “protéger les internautes contre les images de pornographie enfantine”. Pour résumer mon analyse, j’en dénonce les fondements, la mise en œuvre, l’efficacité et les dangers. Je formule également des propositions pour répondre au problème posé.

Les fondements : pour combattre la pédopornographie, il faut attaquer “à la source”, à savoir ordonner le retrait des contenus et arrêter les individus qui les créent. Ce texte fait le contraire : il propose de ne pas avoir à s’embêter à arrêter les criminels et fait en sorte de pouvoir les ignorer tranquillement.

La mise en œuvre : elle porte clairement atteinte à la neutralité du net, car le filtrage serait effectué en cœur de réseau. Elle tente d’aller à l’encontre de la structure même d’Internet, et provoquera à coup sûr des sur-blocages.

L’efficacité : toutes les technologies de filtrage sont inefficaces et facilement contournables.

Les dangers : la possibilité pour le ministère de l’intérieur d’ordonner le filtrage d’une liste gardée secrète de sites est, en soi, très contestable. Cela mènera inévitablement à des dérives, comme on peut le constater dans les pays ayant mis en place un tel dispositif.

Cet article de loi présente un objectif peu pertinent (bloquer l’accès à ceux qui tomberaient sur des contenus criminels “par hasard”) plutôt que de s’attaquer au problème réel de la pédopornographie, mais en plus il y répond de manière inappropriée.

Pour contrer les réseaux de pédopornographie, il faudrait mettre plus de moyens pour remonter aux sources et arrêter les personnes concernées. Il faudrait également ordonner le retrait des images sur les serveurs, beaucoup plus efficace que le filtrage, et sans risque de sur-blocage, ce qui fonctionne très bien contrairement à ce qui est sous-entendu dans le projet de loi (voir la conclusion de mon analyse détaillée).

En plus de ces réelles mesures, on peut bien sûr envisager, en complément, de “protéger” les quelques internautes qui tomberaient malencontreusement sur des images douteuses. Pour cela, il existe une solution très simple, concrète et respectueuse des libertés : proposer aux utilisateurs un logiciel de type “contrôle parental” qui bloquerait ces contenus. Pour des non-spécialistes, la différence avec le filtrage proposé peut paraître subtile, elle est pourtant FONDAMENTALE : l’utilisateur a le contrôle sur ce qui est bloqué, les risques de sur-blocage et de dérives démocratiques sont évités, la neutralité du réseau n’est pas attaquée et l’objectif est parfaitement atteint.

N’hésitez pas à consulter également l’analyse que je fais des articles 2, 3 et 23, que je ne résume pas dans cette lettre.

En tant que citoyen, je vous invite à prendre en compte ces arguments. Si vous y adhérez, je vous propose de formuler des amendements pour les défendre. Si vous avez des doutes ou souhaitez des précisions, n’hésitez pas à me contacter. Si vous êtes en désaccord, merci de m’en indiquer les raisons.

J’espère que vous écouterez l’ensemble des personnes qui s’expriment sur le sujet (qui n’ont pas forcément le même avis que moi) afin d’agir dans l’intérêt général.

Cordialement,

EDIT : À lire également : LOPPSI : la censure d’État bientôt adoptée en France.

Installer une application .apk sur Android à partir d'un PC

dimanche 10 janvier 2010 à 11:12

J’expliquais, lors de mes premières impressions d’Android 2 sur le Motorola Milestone, qu’il était impossible d’installer un fichier .apk sans accepter les conditions d’utilisation du market ni configurer un compte gmail.

C’est en fait possible, grâce à l’outil adb du SDK Android, à partir la connexion USB de l’ordinateur.

Configurer le téléphone

Pour que l’outil d’installation puisse fonctionner, il faut activer l’option Paramètres > Applications > Développement > Débogage USB sur le téléphone.

Configurer l’ordinateur

Il faut télécharger Android SDK, malheureusement non libre.

Sous GNU/Linux (plus précisément Ubuntu 9.10, adaptez selon votre distribution), voici comment l’installer et permettre la reconnaissance du Motorola Milestone (plus d’infos ici) :

sudo tar xzf android-sdk_r07-linux_x86.tgz -C /opt
sudo ln -s /opt/android-sdk-linux_x86/tools/adb /usr/local/bin
echo 'SUBSYSTEM=="usb", SYSFS{idVendor}=="22b8", MODE="0666"' |
    sudo tee /etc/udev/rules.d/51-android.rules
sudo service udev reload

Si vous utilisez un système 64 bits, vous aurez besoin également besoin de ia32-libs :

sudo apt-get install ia32-libs

Vous pouvez maintenant brancher votre téléphone sur le PC en USB. Pour vérifier que tout fonctionne :

$ adb devices
List of devices attached 
040140621600C00D	device

Installer une application

En ligne de commande

Pour installer une application à partir de l’ordinateur, rien de plus simple :

$ adb install -r ConnectBot-svn-r466-all.apk  
2343 KB/s (642578 bytes in 0.267s)
	pkg: /data/local/tmp/ConnectBot-svn-r466-all.apk
Success

(-r permet d’écraser si l’application est déjà installée)

À partir d’un gestionnaire de fichiers

Vous pouvez ensuite ajouter la possibilité d’installer les .apk graphiquement à partir de votre gestionnaire de fichiers. Si vous utilisez nautilus, vous pouvez jouer avec nautilus-actions:

install-apk

Voici la commande de mon action nautilus (j’ouvre un xterm pour avoir le résultat de l’installation, si vous avez mieux, n’hésitez pas) :

xterm -T adb -e 'cd "%d" && /usr/local/bin/adb install -r "%f"; sleep 5'

Conclusion

J’ai réinitialisé mon téléphone, il n’a plus de compte gmail associé et je n’ai pas accepté les conditions du market, ce qui ne m’empêche donc plus d’installer les applications dont j’ai besoin.

Même pour ceux qui veulent garder leur compte ou utiliser le market, c’est quand même plus rapide d’installer un .apk grâce à un clic-droit, “installer” à partir du gestionnaire de fichiers plutôt que de copier le .apk sur la carte SD, débrancher le câble USB, aller dans une appli qui va chercher le fichier et cliquer sur “installer”.

Trier ses mails directement sur le serveur (procmail)

mercredi 6 janvier 2010 à 17:43

Dans la continuité des articles consacrés à l’auto-hébergement des mails, je vais présenter quelque chose que je voulais mettre en place depuis un moment : le tri du courrier directement sur le serveur.

Introduction

Lorsqu’on est abonné à des mailing-lists ou qu’on reçoit des notifications de forums ou de blogs, il est inconcevable de garder tous ses mails dans un seul et même dossier, et impensable de les déplacer manuellement (à moins de passer 30 minutes par jour à les trier). Un tri doit être mis en place automatiquement, en se basant sur les en-têtes des mails reçus.

J’utilisais jusqu’à maintenant les filtres de messages de mon client mail, Evolution, mais ça n’était pas forcément approprié :

C’est donc au serveur de placer les mails dans le bon dossier dès la réception. C’est ce que procmail permet de faire.

Les dossiers IMAP

Les dossiers IMAP sont des dossiers physiques contenus dans ~/Maildir (le répertoire des mails) qui respectent une structure particulière :

Pour les créer, il suffit d’utiliser maildirmake ou maildirmake.dovecot, à partir du répertoire ~/Maildir :

maildirmake.dovecot .forums.ubuntu-fr
maildirmake.dovecot .forums.developpez

pour obtenir l’arborescence suivante :

|-- .forums.developpez
|   |-- cur
|   |-- new
|   `-- tmp
`-- .forums.ubuntu-fr
    |-- cur
    |-- new
    `-- tmp

Il est également possible de les créer graphiquement grâce à un client mail.

Configuration de postfix

Il faut indiquer à postfix que procmail va s’occuper de trier les mails, en lui précisant dans /etc/postfix/main.cf :

mailbox_command = /usr/bin/procmail

Il faudra ensuite recharger la configuration :

sudo /etc/init.d/postfix reload

Définir les règles de tri

Tout se passe dans le fichier (à créer) ~/.procmailrc, qui contient deux parties : la définition des variables et la définition des “recettes” (les règles de tri).

Les variables

Pour les variables, copiez simplement ceci (en décommentant les 2 premières lignes si vous voulez des logs).

#VERBOSE=yes
#LOGFILE=.procmail.log
SHELL=/bin/sh
PATH=/bin:/usr/bin:/usr/local/bin
MAILDIR=Maildir/
DEFAULT=./

Les recettes

Les recettes sont écrites sous la forme suivante :

:0 [drapeaux] [ : [verrou_local] ]
<zéro ou plusieurs conditions (une par ligne)>
<exactement une ligne d'action>

Les conditions commencent toutes par *, suivie d’une expression régulière. Pour qu’une recette exécute l’action définie, il faut que le mail en question valide toutes les conditions.

Pour faire simple, nous allons simplement créer des règles qui déplacent des mails dans des dossiers. Pour définir une telle action, il suffit d’écrire le nom du dossier, en terminant la ligne par / (très important, cette convention indique à procmail que le dossier est au format maildir).

Un exemple étant plus parlant, voici une règle qui déplace toutes mes notifications de blog dans un dossier blog :

:0
* ^From: .*<wordpress@blog\.rom1v\.com>$
.blog/

Cet autre exemple permet d’envoyer une copie des mails validant les conditions à des adresses e-mails spécifiées (je m’en sers pour transférer les messages vocaux de mon répondeur téléphonique sur plusieurs adresses) :

:0c
* ^From: telephonie\.freebox@freetelecom\.com$
! autre@email.com

Résultat

Au final, voici un extrait de mon fichier ~/.procmailrc (je n’ai pas mis toutes les règles, c’est juste pour donner quelques exemples) :

#VERBOSE=yes
#LOGFILE=.procmail.log
SHELL=/bin/sh
PATH=/bin:/usr/bin:/usr/local/bin
MAILDIR=Maildir/
DEFAULT=./

:0
* ^From: .*<wordpress@blog\.rom1v\.com>$
.blog/

:0
* ^Reply-To: .*<[0-9]+@bugs\.launchpad\.net>$
.bugs.launchpad/

:0
* ^From: .*<dev\.null@ubuntu-fr\.org>$
.forums.ubuntu-fr/

:0
* ^List-Id: <april\.april\.org>$
.ml.april/

Motorola Milestone avec Android 2, mes premières impressions

dimanche 3 janvier 2010 à 18:10

Je viens de recevoir mon nouveau téléphone, un Motorola Milestone, avec le système d’exploitation Android 2, que j’ai pris avec un abonnement SFR Illymythics 3G+ Full Internet. Ma ligne n’étant pas encore activée, je me suis connecté en WiFi sur mon routeur.

Voici mes premières impressions de libriste. Comme vous allez le voir, il y a du positif… et du négatif. Je vais commencer par l’achat et l’accès Internet, pour ensuite entrer dans le vif du sujet : le matériel et le logiciel.

L’achat

Exclusivité rueducommerce, ce téléphone n’était pas trouvable autre part à sa sortie : c’est insupportable ces exclusivités, impossible de le voir “en vrai” avant l’achat. Par contre, il était possible de choisir son opérateur (encore heureux me direz-vous, mais ça n’est pas toujours le cas).

L’accès Internet

Comme prévu, un internet mobile (avec un petit i) loin d’être neutre, comme on peut le voir dans les [conditions générales d’abonnement SFR][cga] :

[cga]: http://www.sfr.fr/mobile/edito/pdf/docs_juridique/181109/conditions_generales_abonnement_SFR.pdf

4.1 : L’abonné est informé et accepte que les Offres lui soient proposées sur la base de la configuration du terminal compatible opérée par l’opérateur. Dès lors, l’abonné qui procèderait à la modification de paramétrage de son terminal compatible ne pourra plus bénéficier des Offres et tarifs en l’état.

Les offres et les tarifs dépendent du matériel qu’on utilise pour aller sur internet ou téléphoner ! Imaginez que votre accès ADSL soit plus cher si vous achetez un ordinateur Acer plutôt qu’un Asus… ou que vous changiez le système d’exploitation ou les logiciels pré-installés…

4.2 : Le peer to peer, les newsgroups, la Voix sur IP et les usages Modem sont interdits, ce que l’abonné reconnaît et accepte, SFR se réservant le droit, pour les clients Forfaits Bloqués SFR, de résilier la ligne en cas de manquement.

Bon, bah là on est carrément dans le filtrage protocolaire pure et simple. Sans parler des usages “modem” qui sont interdits, comme si les fournisseurs d’accès ADSL interdisaient d’installer un routeur perso sur sa connexion…

4.3 : Pour permettre à tous les clients SFR d’accéder au réseau SFR dans des conditions optimales, le débit maximum de connexion sera réduit au-delà de 1Go d’échanges de données par mois jusqu’à la prochaine date de facturation.

Quand une phrase commence comme ça, en général, c’est mauvais signe… Le soi-disant “Internet” est donc limité à 1Go par mois sans réduction de débit…

Les cas particuliers pour les iPhones sont également assez hallucinants.

Vivement que Free sorte ses offres mobiles…

Le matériel

motorola-milestone

Rien à redire à ce niveau-là, l’écran 3,7’ avec une définition de 854×480 est vraiment très confortable, la navigation sur internet est agréable. L’écran tactile fonctionne très bien, il a l’air solide et ne se raye pas. Le clavier physique est très sympa pour écrire tout en gardant l’intégralité de l’écran visible.

Le téléphone est peut-être un peu lourd, mais on s’y fait.

Le logiciel

Mes attentes

Avant de détailler ce que je pense de toute la partie logicielle, je voudrais détailler ce que j’attends du téléphone.

Tout d’abord, je veux accéder à mes mails, à la messagerie instantanée et aux salons de discussion IRC. Je veux également pouvoir me connecter en SSH (sur mon serveur à la maison par exemple) et rediriger des ports (pour faire passer les connexions dans un tunnel, vers un réseau internet plus neutre, celui que j’ai à la maison en l’occurrence) ; les logiciels que j’utilise doivent donc supporter la configuration d’un proxy.

Ensuite, je ne veux pas utiliser tous les services Google, en particulier je ne veux pas de Gmail, de l’agenda, de Google Talk… Plus généralement, je ne veux pas d’applications qui nécessitent un compte Google (mes données personnelles n’ont rien à faire chez Google ou chez n’importe qui d’autre).

Enfin, je ne veux pas passer par “Android Market” pour installer des applications. Je veux installer et désinstaller des applications à ma guise, même celles qui sont fournies avec le téléphone. D’ailleurs, je ne suis pas d’accord avec les conditions d’utilisation, entre autres :

Si tel était le cas, Google se réserve le droit de supprimer à distance et à sa seule discrétion les Produits concernés de votre Mobile, sans vous en informer au préalable.

D’une part, je considère que c’est abusif sur le principe, d’autre part ça signifie que techniquement le Market est une sorte de trojan à partir duquel une entité extérieure peut exécuter du code à son bon vouloir. Tout simplement inacceptable. Google m’a beaucoup déçu sur ce point, en général j’aime bien leur politique d’ouverture, mais j’avoue avoir été désagréablement surpris par leurs conditions, qui font malheureusement penser à celles d’Apple (en moins pire, certes, mais quand même)…

Certains me demanderont alors “mais pourquoi donc as-tu choisi un Android ?”. Pour moi, Android a beaucoup d’attraits : le système d’exploitation est sympa, on peut rajouter des applications sous licence libre sans forcément passer par le Market, on peut se connecter directement en USB à l’ordinateur, j’aime bien l’interface, etc. Avoir accès facilement à mes données personnelles offertes gracieusement à Google est loin d’être ma priorité… Et je rajouterais que faute de mieux, Android est le moins pire au niveau ouverture…

Que de déceptions !

Tout d’abord, lorsqu’on allume le téléphone, on se rend compte qu’il y a quelques applications installées dont on n’a pas besoin (“Agenda”, “Agenda d’entreprise”, “Annuaire d’entreprise”, “Gmail”, “Motonav”, “Phone Portal”, sans compter “Market” puisque j’ai dit que je ne comptais pas m’en servir). Après tout, ce n’est pas gênant, sur Ubuntu Empathy est pré-installé, moi j’utilise Gajim, il me suffit de désinstaller Empathy et d’installer Gajim.

Mais là, non ! Il est tout simplement impossible de désinstaller les applications pré-installées, certaines ressemblant plus à des crapwares qu’à des applications utiles (ça me fait penser aux pauvres utilisateurs de Windows qui achètent un ordinateur avec Norton pré-installé et difficile à retirer)…

En fait, il faut attendre que le téléphone soit rooté pour pouvoir faire ce que l’on veut sur sa machine. Et là vient encore une nouvelle déception vis-à-vis de Google (à moins que ça ne soit la faute de Motorola ?) : pourquoi n’est-il pas proposé par défaut la fonctionnalité de passer root sur la machine ? Pourquoi est-ce considéré comme du “piratage” de rooter son téléphone, comme pour le jailbreak de l’iPhone ? Imaginez-vous acheter un ordinateur sur lequel on vous empêche d’être root ? Pourquoi serait-ce différent pour un téléphone ?

Ça commence mal, mais ce n’est pas très grave, je me dis que je vais ignorer ces applications, elles prennent juste un peu de place en mémoire et surtout dans le menu principal… Après tout, je peux installer les logiciels libres que je veux en les téléchargeant sur le site en .apk et en les copiant sur la carte mémoire, non ? Pas tout-à-fait, car par défaut, le téléphone ne sait pas installer les .apk… Ça aurait été plus utile que les bidules pré-installés, non ?

Parce que du coup, il faut installer un logiciel qui s’appelle appsInstaller (non libre). EDIT: je vous conseille plutôt le gestionnaire de fichiers libre OI File Manager. Comment? En passant par le Market. Ce qui implique d’accepter les conditions disant “ce programme est un trojan, voulez-vous accepter ?” (je caricature à peine). Et qui implique de renseigner un compte Gmail dans le téléphone, qui sera utilisé par toutes les autres applications.

J’accepte donc les conditions et crée un compte bidon (jeneveuxpasdecompte at gmail.com). Une fois appsInstaller installé, je tente de supprimer ce compte de mon téléphone, “Impossible de supprimer ce compte”. sudo supprimer ce compte, non ça n’est pas possible ? Décidément, on n’est pas maître de la machine tant qu’on n’est pas root !

EDIT 10/01/2010 : C’est en fait possible d’installer une application .apk sans jamais configurer un comte gmail ni passer par le market : Installer une application .apk sur Android à partir d’un PC.

Du positif quand même

Malgré tout cela, il y a des choses qui fonctionnent bien.

Par exemple la connexion USB qui permet d’accéder directement au contenu la carte SD, quelque soit le système d’exploitation. Ou la musique Ogg Vorbis qui se lit très bien avec le lecteur par défaut… La gestion des notifications est également sympa (un peu à la manière d’indicator-applet dans Ubuntu). Le GPS fonctionne bien en extérieur (par contre en intérieur, il fait n’importe quoi chez moi).

Voici quelques retours d’expérience sur les programmes “de base” (mails, messagerie, ssh, jabber). Si vous connaissez d’autres logiciels libres sympa, n’hésitez pas à partager.

Mail

Le client mail par défaut se connecte sans problème à mon serveur perso en utilisant IMAP/TLS et SMTP/TLS. Il n’offre par contre pas un super affichage pour les dossiers IMAP (une liste de noms “bruts” comme “INBOX.forums.ubuntu-fr”, “INBOX.mailing-list.april”…). il ne gère pas le push (pour recevoir son mail aussitôt) et a un peu de mal avec les pièces jointes.

J’ai installé k9mail (Apache License 2.0), qui est un peu plus complet, et qui gère le push et les pièces jointes. Par contre, il n’est qu’en anglais.

Messagerie instantanée

Pour utiliser la messagerie instantanée Jabber, j’utilise le client Beem qui fonctionne très bien :

beem

Identi.ca

Pour tweeter sur identi.ca, j’ai installé mustard. Très sympa (sauf qu’il rafraîchit les flux à chaque fois qu’on le lance, même si le dernier chargement a eu lieu il y a 15 secondes).

SSH

L’application connectbot (GNU/GPLv3), permet de se connecter en SSH à un serveur. Elle gère les paires de clés publique/privée et la redirection de ports.

En particulier, je l’utilise pour lancer irssi (un client IRC en ligne de commande) dans un [screen][] sur un serveur. Cela permet de pouvoir déconnecter et reconnecter le client sans se déconnecter des salons et ni perdre le fil de discussion…

Malheureusement, le navigateur internet par défaut ne permet pas de configurer de proxy (pour utiliser un tunnel SSH). Si vous en connaissez un bien en attendant Fennec, je suis preneur. D’autant que le navigateur intégré ne fonctionne pas correctement sur tt-rss (quand je clique sur un flux, il considère que je clique sur toute la colonne de gauche).

Conclusion

Le téléphone et le système sont de jolis jouets technologiques.

Mais je m’attendais, de la part de Google, à ce que ça soit quand même plus ouvert que ça… Là on est obligé d’accepter des conditions inacceptables, d’utiliser un compte Google alors qu’on n’a rien demandé, on ne peut pas désinstaller les crapwares… On se sent un peu limité, on n’a pas la maîtrise totale de la machine tant qu’elle n’aura pas été rootée, je trouve que c’est vraiment dommage.

Attendons donc qu’elle soit rootée…

PS: Quelques trolls se sont malencontreusement glissés dans ce billet, saurez-vous les retrouver ? ;-)

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