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OPECST : des conclusions qui concluent que c’est quand même chaud de tirer des conclusions

mercredi 13 janvier 2016 à 15:31

sarcasmUn débat parlementaire au sénat s’ouvre demain relatif aux conclusions de l’OPECST (Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques) d’un rapport intitulé « Sécurité numérique et risques : enjeux et chances pour les entreprises ».

Nul doute que les débats seront très intéressants pour qui veut y prêter une oreille attentive, en tout cas, ça promet d’être sport. Le rapport a concentré ses efforts sur 4 objectifs :

A vue de nez, comme ça, deux me semblent viables, il s’agit des 1er 3e. Les deux autres flirtent avec le non-sens ou l’anachronisme :

Ce qui est très intéressant, c’est qu’on retrouve dans les conclusions du rapport comme propositions toutes les marottes éculées ou s’entremêlent protection du patrimoine informationnel, protection des données personnelles, extension des durées de rétention des journaux de connexion, la bonne grosse blague du Google souverain, la super bonne idée du « firewall souverain » (ça va se vendre ce truc, Cisco est mort de trouille), et le sempiternel alourdissement des peines à chaque fois que le mot « Internet » est lâché puisqu’il est bien connu qu’une cyber infraction c’est bien plus grave qu’une infraction IRL. L’idée d’une législation d’exception pour Internet, c’est pas le scoop de l’année, mais ça fait toujours semble t-il autant recette.

Voici les propositions qui seront débattues par le Sénat :

4 3 2 1

Tout n’est pas à jeter, il y a sûrement des propositions intéressantes, notamment sur la formation ou la responsabilisation des salariés en milieu professionnel, mais rarement réalistes, à l’image de l’imposition aux PME le référentiel sécurité des OIV.

La réaffirmation de se doter d’un arsenal cyber offensif est aussi « intéressante », mais comme d’autres propositions, on s’expose à la pratique, et la pratique, c’est business is business. Concrètement, on encadre ça comment ?… nos belles entreprises toutes souveraines n’iraient tout de même pas refourguer notre cyber arsenal à des dictateurs ?

L’une des rares propositions valables qui méritent en revanche un vrai débat, c’est de confier à l’ANSSI un pouvoir de régulation et d’injonction, ça éviterait probablement quelques petites cyber catastrophes.

Et pendant ce temps, les bijoux de notre cyber princesse sont d’années en années confiés à Microsoft.

Bref, en France, il y a la cyber sécurité qu’on dit mériter, et celle à laquelle on octroie des budgets.

Manuel Valls, réfléchir ne nuit pas à la santé

lundi 11 janvier 2016 à 20:20
Photo AFP librement adaptée par nos journalistes clowns

Photo AFP librement adaptée par nos journalistes clowns

Il faut de la mémoire pour replacer les pièces du puzzle que nos hommes et femmes politiques construisent et  déconstruisent en permanence afin de mieux nous plonger dans l’ignorance. C’est au début du quinquennat de Nicolas Sarkozy que François Fillon, alors premier ministre, lançait imperturbable : « Notre pays a besoin d’un électrochoc, on n’a pas le temps de réfléchir, d’attendre, de prendre notre temps« . Presque dix ans plus tard, Manuel Valls (faites clic-clic sur ce lien, vous vous coucherez moins bêtes), premier ministre lui aussi, emprunte la même voie : «Pour ces ennemis qui s’en prennent à leurs compatriotes, qui déchirent ce contrat qui nous unit, il ne peut y avoir aucune explication qui vaille. Car expliquer, c’est déjà vouloir un peu excuser », a-t-il martelé le 9 janvier 2015. Réfléchir ? Mais pourquoi faire ?

Deux personnes, de bords politiques apparemment opposés s’adressent au bon peuple pour lui dire : ne pense pas. Ne réfléchis pas. N’essaye pas de trouver des explications à un fait qui impacte ta vie.

Ce ne peut être une coïncidence.

Agir sans réfléchir, ce que prônent ces deux personnes, c’est faire un pari dangereux. Un peu comme jouer au loto. Soit la décision prise se révèle efficace face à la problématique posée et tout va bien, soit -et c’est beaucoup plus probable, elle se révèle désastreuse. A la place où ils sont, on peut raisonnablement s’inquiéter. Et même, disons-le, il est acceptable de s’énerver. Car même s’ils l’ont oublié depuis très longtemps, les hommes politiques ne sont que dépositaires de l’autorité qu’ils exercent sur le peuple. C’est ce dernier qui leur délègue son pouvoir. Pour un temps donné et en fonction d’un programme précis. Ne pas respecter ce programme, prendre des décisions erronées par manque de réflexion, par pure bêtise, par calcul, par cynisme, cela devrait les mener tout droit dans les oubliettes de l’histoire politique. Oh, bien sûr, ce n’est pas le cas puisque les hommes et femmes politiques qui pensent nous gouverner sont là depuis… avant notre naissance pour une bonne partie et au moins trente ans pour le reste. C’est dire si le peuple est indulgent avec eux.

Mais revenons aux récentes déclarations de Manuel Valls, dans le sillage de celles de François Fillon, l’exécutant des basses oeuvres de Nicolas Sarkozy pendant les cinq ans de son règne.

«Pour ces ennemis qui s’en prennent à leurs compatriotes, qui déchirent ce contrat qui nous unit, il ne peut y avoir aucune explication qui vaille. Car expliquer, c’est déjà vouloir un peu excuser. […] Rien ne peut expliquer que l’on tue à des terrasses de cafés! Rien ne peut expliquer que l’on tue dans une salle de concert ! Rien ne peut expliquer que l’on tue des journalistes et des policiers ! Et rien ne peut expliquer que l’on tue des juifs ! Rien ne pourra jamais expliquer!»

Non, rien de rien…

La construction de la phrase autour du postulat « rien ne peut expliquer » est ridicule. « Rien ne peut excuser » peut être entendu. Qui voudrait excuser de tels meurtres ? Personne. Rassurons tous Manuel Valls qui a l’air très inquiet. Mais franchement… Rien ne peut expliquer ? Vraiment ? A quoi servent donc les sciences sociales, la psychiatrie, la philosophie, la sociologie, la théologie, et tant d’autres matières ? A rien ?

Refuser de tenter de comprendre ce qui a mené ces terroristes à passer à l’acte, c’est faire l’impasse sur les moyens de contrer les prochains. Et cela, Manuel Valls, un jour, il vous faudra peut-être en répondre devant de nouveaux cercueils. Y avez-vous seulement pensé ?

La suite de la déclaration de Manuel Valls apporte un début d’explication…

«Nous avons subi un acte de guerre et c’est une véritable guerre qui nous a été déclarée, et nous devons l’affronter et la gagner»

Ceux qui ont vécu la guerre savent bien, eux, que ce qui s’est passé à Paris n’a rien à voir avec une guerre. Manuel Valls le sait aussi.

Mais avec le même cynisme que celui préside à la récupération politique des attentats depuis qu’ils sont survenus, il tente de faire accroire au bon peuple que la seule réponse est la guerre. Le gouvernement Français a décidé de répondre aux attentats par la guerre, car une guerre lui a été déclarée. Point barre. Ne réfléchissez pas, n’essayez pas de décortiquer cette assertion. C’est comme ça.

Pourtant… Le postulat de départ est faux (d’ailleurs on ne tente pas de réfléchir pour savoir s’il l’est ou pas, on n’a pas le temps) et la réponse est… Mauvaise.

Si la guerre était une réponse efficace au terrorisme, cela se saurait désormais. Car la guerre totale contre le terrorisme, elle a été lancée par George Bush au lendemain du 11 septembre 2001. Résultat ? Le terrorisme se porte toujours aussi bien. Et même, on pourrait malheureusement être tenté de dire qu’il se porte mieux.

L’Histoire est contre vous messieurs. Le terrorisme n’a été enrayé que par la réintégration dans le « jeu » politique de leurs tenants. Par la « diplomatie ». Jamais par la guerre. Pas plus qu’une armée d’occupation n’a réussi à maintenir ses positions sur le long terme.

 

Muzak playin’ while this paper was written : The house of the rising Sun, Cancion del mariachi, No church in the wild, Lovit, Maria.

François Hollande : « le néo-fascisme, c’est maintenant »

dimanche 10 janvier 2016 à 13:06

Hollande-bras-leve

Le président français a décidé de changer la République. Durablement. Cette nouvelle orientation n’est pas une simple lubie présidentielle qui disparaîtra à la prochaine élection présidentielle, puisque la Constitution devrait être modifiée dans un mois. Il est difficile de comprendre quel est le sens exact de cette politique qui ne semble pas directement reliée à une doctrine établie et connue. Pourtant, si une analyse des déclarations, décisions, et propositions de François Hollande est effectuée, un tableau idéologique et politique assez précis prend forme. Il doit être nommé et expliqué, sinon, le risque d’une paralysie démocratique guette la société dans son ensemble.

Néo-fascisme : quelques pistes

La terminologie « fasciste », bien qu’historiquement connotée est la seule qui peut correspondre — au moins partiellement — au chef de l’Etat français. Elle ne peut suffire à elle seule, puisque celui-ci ne s’en revendique pas, et qu’une palette de nuances significative différencie le fascisme originel de la politique menée par François Hollande. La politique actuelle de François Hollande trouve son inspiration dans le fascisme, mais elle s’adapte, à son époque, aux circonstances et au pays qui l’accueille. C’est une politique néo-fasciste. Un fascisme nouveau. Moderne. 2.0.

Un exemple de l’époque mussolinienne, sur l’économie, alors que le fascisme de Mussolini se revendique au départ d’une « mystique de gauche anti-marxiste » :

(…)Sur le plan économique, le fascisme poursuit, sous la direction du ministre de l’économie Alberto De Stefani (1922-1925), une politique d’inspiration libérale. Le 20 septembre 1922, Mussolini déclare : « Il faut en finir avec l’État ferroviaire, avec l’État postier, avec l’État assureur. » Le 18 mars 1923, il ajoute: « Je pense que l’État doit renoncer à ses fonctions économiques et surtout à celles qui s’exercent par des monopoles, parce qu’en cette matière l’État est incompétent. ». L’État fasciste transfère ainsi au privé plusieurs monopoles: celui sur les allumettes est cédé à un Consortium des fabricants d’allumettes; en 1925, l’État se désengage du secteur des téléphones, et renonce aussi à l’exécution de certains travaux publics. (…)

Sur le plan social, la volonté de l’ordre, de l’autorité, avec le fascisme de Mussolini :

(…)Le nouveau mouvement exprime la volonté de « transformer, s’il le faut même par des méthodes révolutionnaires, la vie italienne » s’auto-définissant « parti de l’ordre » réussissant ainsi à gagner la confiance des milieux les plus riches et conservateurs qui sont opposés à toutes manifestations et aux revendications syndicales des socialistes.

La principale caractéristique du néo-fascisme est, comme son ancêtre, l’affirmation de l’autorité de l’Etat. Il y a donc la force du chef. Ce chef qui se revendique comme le cœur de la préservation des fondements d’une nation fantasmée, conquise de haute lutte contre des ennemis intérieurs et extérieurs et qu’il faudrait de nouveau protéger, voire régénérer. Le néo-fascisme sacralise les valeurs qui forgent la nation, et appelle le « peuple » à suivre une nouvelle voie — martiale et univoque — souvent binaire. « Ceux qui ne sont pas avec nous sont contre nous », disent les néo-fascistes. Une variante : « Ceux qui « ne sont pas Charlie » — et le font savoir — soutiennent les terroristes, et doivent être emprisonnés ».

Le chef néo-fasciste annonce suivre cette « nouvelle voie », parce que — affirme-t-il — il n’a pas le choix, et en réalité, finit par pratiquer une injonction collective. Celle-ci survient lorsque des événements violents permettent l’abolition de la séparation des pouvoirs — pour les donner tous… au chef néo-fasciste. Hollande a eu les attentats du 13 novembre, la justice a été écartée par le régime d’état d’urgence, le pouvoir exécutif a les pleins pouvoirs. La froide machine répressive administrative peut commencer son travail.

Pourtant, ailleurs en Europe de l’Ouest, cette nouvelle « idéologie » néo-fasciste, basée sur une modification des équilibres du pouvoir, et de son exercice, ne s’est pas jusque là manifestée. Rien de comparable au Portugal depuis la fin de la dictature, ou encore en en Espagne, par exemple, depuis la chute de Franco, alors que des événements largement aussi terribles s’y sont déroulés. Les attentats à la bombe en Espagne, du 11 mars 2004, revendiqués par des Marocains membres d’Al Quaïda, ont causé la mort de près de 200 personnes. Ces attentats aveugles, dans des trains de banlieues, n’ont pas mené à la mise en place d’un état d’urgence, ni à un changement constitutionnel, ni à une politique basée sur le sécuritaire, l’arbitraire et l’autoritaire.

A Londres, un an et demi plus tard, le 7 juillet 2005, 4 jeunes islamistes se font sauter dans 3 rames de métro et un bus, tuant 56 personnes, en blessant 700 autres. Le Royaume-Uni ne modifie pas, lui non plus, son fonctionnement institutionnel, hormis une loi permettant aux policiers de tirer à vue sans sommation, qui mènera à une bavure 15 jours plus tard : un jeune Brésilien est tué de 7 balles dans la tête par la police…

François Hollande : l’autorité des faibles

De la même manière que Bush était un « petit président », élu un peu par hasard et sans envergure, jusqu’aux attaques du 11 septembre qui lui donneront sa carrure de chef de guerre, Hollande est un président « en creux ». Elu sur des déclarations et des promesses trompeuses, faites pour attirer les voix d’un électorat qui doutait de sa véritable nature, Hollande a très vite montré son vrai visage une fois élu : un bureaucrate, vassalisé par l’establishment financier, un homme politique sans charisme ni projet, tout juste bon à suivre les ordres de Bruxelles. La chute de Hollande dans les sondages d’opinion n’a été enrayée que par ses interventions martiales à l’étranger. D’un seul coup, le petit notable de province s’est transformé en chef de guerre, a envoyé son armée au Mali, en Centrafrique, jouer au gendarme. En 2013, si Obama ne calmait pas Hollande, celui qui a été surnommé « Flanby » par certains de ses concurrents à la primaire socialiste, allait bombarder Damas depuis son porte-avion, sans même prendre le temps de consulter son Parlement. Hollande gagne des points quand il fait tonner la poudre.

Hollande, comme tout bon néo-fasciste a franchi très vite la ligne rouge de la réduction des libertés. Loi du 21 décembre 2012 relative à la sécurité et à la lutte contre le terrorisme, loi du 13 novembre 2014 renforçant les dispositions relatives à la lutte contre le terrorisme, loi du 24 juillet 2015 relative au renseignement : les néo-fascistes au pouvoir ont verrouillé très fortement l’espace public et privé, en offrant par ces dispositions de plus en plus de pouvoirs aux services administratifs, avec une réduction des libertés individuelles sans commune mesure en France. Le but affiché de Hollande est la protection des Français au détriment de leur liberté. La qualité principale du néo-fascisme est l’efficacité — qu’elle soit réelle ou d’affichage — en réduisant toujours ce qui forge une démocratie moderne : la liberté individuelle.

L’inversion du sens, un signe qui ne trompe pas…

De nombreux articles de Reflets citent le roman distopique de Georges Orwell, « 1984 ». Le principe de l’inversion du sens y est permanent : « la guerre c’est la paix, la liberté c’est l’esclavage, l’ignorance c’est la force ». Le monde de Georges Orwell est lui aussi un monde néo-fasciste. Le chef de l’Etat français François Hollande, son chef de gouvernement et ses ministres pratiquent eux-même cette inversion. « La première des libertés c’est la sécurité», « Nous défendons les valeurs de la République ».

Ce gouvernement défend les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité en :
— Abolissant l’état de droit par un état d’urgence d’une durée onze fois supérieure à celle que prévoyait la loi
Généralisant l’arbitraire par le laisser-faire des abus policiers perpétrés lors des perquisitions de nuit
Assignant à résidence des militants politiques
— En proposant de créer deux classes de citoyens par une mesure de déchéance de nationalité ne s’appliquant qu’aux français bi-nationaux
— En ayant le projet d’établir par ordonnance une loi « contre la criminalité » permettant la continuation de dispositions propres à l’état d’urgence, sans l’état d’urgence

Manuel Valls Le Procureur de la République a porté plainte contre un enseignant d’université qui rappelait en ironisant — sur une liste de diffusion universitaire — les propos du Premier ministre lorsqu’il s’était fait « prendre » en train de reprocher le manque de « blancos » dans les rues d’Evry, la ville dont il était maire à l’époque.

Tout en est permanente inversion de sens dans la politique de François Hollande. Alors qu’il affirme vouloir lutter contre l’islam radical, le fanatisme islamique, il se félicite de ses très bons rapports avec l’Arabie saoudite, la monarchie islamique radicale qui exécute ses opposants politiques et répand son dogme sectaire, celui des djihadistes de l’Etat islamique. Ainsi, le président français, qui défend les valeurs de la démocratie serre la main du chef de la junte militaire égyptienne qui a pris le pouvoir après un coup d’Etat sanglant. et signe des contrats d’armement avec lui. Hollande célèbre son ami Sissi…

« Le changement, c’est maintenant » : effectivement

Ce que personne n’avait compris dans le slogan de campagne de François Hollande, c’était quel changement il allait opérer. Le changement est effectivement maintenant, et il est massif. La société est sous surveillance électronique, les barbouzes ont les mains libres, sans contrôle d’un juge judiciaire, les forces de police peuvent pénétrer les domiciles de n’importe quel citoyen à toute heure du jour et de la nuit, fouiller n’importe quel véhicule, mettre sous surveillance n’importe qui, sur simples soupçons. La justice a été mise entre parenthèses et elle risque de se voir retirer une grande partie de ses prérogatives.

Le changement, c’est celui du basculement d’une démocratie vieillissante et un peu malade vers une République néo-fasciste, ultra-sécuritaire, de suspicion généralisée, policière, et encadrée par une administration hypertrophiée.

La population, dans ces conditions, est bien entendu incitée à continuer ses « petites affaires », sans se soucier de ces changements massifs, qui, selon le pouvoir, ne mettent en péril « que ceux qui veulent porter atteinte à la culture française, aux valeurs de la République ». Et le champ est large de ceux qui peuvent être accusés de porter atteinte à cette République. Les militants politiques assignés à résidence en novembre en savent quelque chose. Ce qui est absolument stupéfiant, est la relative apathie que ce basculement provoque. Personne n’ose venir contester les mesures néo-fascistes du pouvoir socialiste. Mais que se passerait-il si certains venaient manifester leur inquiétude ? Auraient-ils le même traitement que les manifestants de Nantes du 4 décembre, tabassés au hasard par des policiers déchaînés et en « roue libre » ?

Le président français affirme protéger la société ? En réalité, il est en train de la détruire. Viendra le temps où il faudra rendre des comptes, si les Français osent venir en demander. A moins que ces mêmes Français ne soient preneurs du néo-fascisme ? Allons savoir…

« ll ne s’agit pas de savoir si la guerre est réelle ou non. La victoire n’est pas possible. Il ne s’agit pas de gagner la guerre mais de la prolonger indéfiniment. Une société hiérarchisée repose sur la pauvreté et l’ignorance. Leur version devient vérité historique. Et rien d’autre ne peut avoir existé. Le but de la guerre est de maintenir la société au bord de la famine. La guerre est menée par l’élite contre ses propres sujets. Son objectif n’est pas de vaincre en Eurasie, en Asie, mais de garder sa structure sociale intacte. »

Georges Orwell —« 1984 »

Hallucination collective de l’écosystème du Net ?

vendredi 8 janvier 2016 à 14:08

statisticator« C’est quoi tes metrics ? » En voilà une question importante. Dans le monde du marketing Internet, il faut des metrics. Toute action doit être mesurable. Il faut savoir quel est le ROI. Le return on investment. Le retour sur investissement, en français. En d’autres termes, si quelqu’un s’évertue à créer du « jus », du trafic vers un site, pour espérer une « conversion » (en achat, en abonnement à une newsletter, …), il faut pouvoir dire combien ça coûte et combien ça rapporte. Fastoche. En apparence. Les chiffres varient, bien entendu, mais certains avancent par exemple que pour un taux de conversion de 55% dans un magasin classique, on atteint à peine 2% sur un site Web. Dans le monde merveilleux du Net tel qu’il a été investi et accaparé par les hommes et les femmes de marketing, il y a des outils pour mesurer tout cela. Ou plutôt un outil : Google Analytics (Universal Analytics, désormais). Et cet outil est considéré par nos experts en marketing comme étant infaillible. C’est là que ça se gâte.

Dans l’univers parallèle, l’hallucination collective créée par l’écosystème du Web « commercial », celui qui est censé être rentable, il y a des sites Web, des annonceurs, des pubs en ligne, des gens qui cliquent sur les publicités, des gens qui achètent, et tout ça est mesurable grâce à la magie de Google Analytics. Trois millions de visiteurs, 200.000 qui cliquent sur les publicités, 500 qui achètent (la fameuse conversion). Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes. Sauf que…

Alors qu’en pleine explosion de la nouvelle économie (les années 2000) les sites étaient valorisés par les investisseurs sur le nombre de leurs visiteurs, Zipiz et votre serviteur créaient Statisticator, le super-héros au slip jaune qui cassait cette construction mentale. Tant que tout le monde accepte ce type d’hallucination collective comme une vérité, tout va bien. Le moindre site pouvant annoncer un million de visiteurs par mois est valorisé une fortune. Mais si quelqu’un vient briser cette vérité artificielle, tout s’écroule (l’explosion de la bulle Internet). Statisticator.com participait à cette déconstruction. Nous affichions les véritables statistiques des sites, en regard des déclarations délirantes des gens du marketing, nous proposions des outils pour booster artificiellement les statistiques. Depuis, tout a été dit, ou presque, sur les statistiques, l’exploitation des logs d’un serveur Web. Et pourtant… Tout l’écosystème continue de croire que les visiteurs affichés par Analytics, les clics sur les bannières de pub sont réels. On calcule un ROI sur une campagne et on prend le résultat comme une vérité.

Bienvenue dans la Matrice

Une étude citée par Bloomberg (pas des rigolos excités du Web indépendant) montre que 11% des publicités affichées et presque un quart des vidéos de pub visionnées, le sont par des logiciels, et non pas par des humains.

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Mais le problème ne se limite pas aux logiciels qui affichent des publicités. Nos pros du marketing parviennent, une fois poussés dans leurs retranchements, a accepter l’idée que Google Analytics ne soit pas d’une précision totale : « OK, mais au moins ça donne une tendance générale, sur plusieurs mois, tu peux voir l’évolution de ton audience« . Notez que selon Wikipedia, 80% des sites mesurent leur audience avec cet outil. Une tendance générale… Prenons un exemple concret. Reflets.info mesurait son audience avec Google Analytics. Nous avons choisi de changer d’outil. Pour une raison n’ayant rien à voir avec sa précision. Nous voulions arrêter de communiquer à une entreprise les choix de lecture de nos visiteurs. Nous avons donc opté pour le même type d’outil, mais hébergé par nous-mêmes. Tout est désormais fait en local. Les visiteurs et les logs de Reflets.info restent les mêmes. Seuls change l’outil de mesure des stats. Et voyez-vous, c’est là que ça devient drôle : le nombre de visiteurs a pratiquement été divisé par deux. Pourtant, nous n’avons pas perdu la moitié de notre lectorat en une journée. Il y a donc bien quelque chose de complètement pourri débile au pays des outils de stats Internet.

Si nous étions des pros du marketing et des « campagnes », nous serions bien embêtés. Notre ROI ne voudrait plus rien dire tant la variation est importante.

Chaque jour, dans des agences de com’, chez les annonceurs, les « clients », on ingurgite des chiffres totalement bidons, en les prenant pour argent comptant. C’est un cas d’hallucination collective volontaire.

Parfois, l’hallucination est même très volontaire.

Sur Internet, personne ne sait que tu es un chien

dog

Bien entendu, il existe des machins comme l’OJD, qui sont chargés de certifier les chiffres. On voit des journaux en ligne annoncer des millions de visiteurs tout à fait certifiés. Pourtant…

La palette d’outils de trucage d’amélioration est infinie.

iframes, auto-refresh, bots, trafic acheté, tout ou presque est possible. Advertise.com, par exemple dirige jusqu’à 300 millions de visiteurs sur les sites qui leur achètent ce flux. Ça en fait des visiteurs de grande qualité. Ne parlons même pas de Taboola

Peu importe si les millions de visiteurs ne se reflètent pas (du tout) dans le nombre de commentaires, dans les retweets ou les likes d’articles, dans la participation aux sondages. L’important, c’est le chiffre certifié, l’hallucination collective volontaire… Rapport au ROI, #toussa…

 

Politique : sortez les vieux, faites entrer… les vieux

lundi 4 janvier 2016 à 19:54

Darwin_Award18Non, 2016 ne sera probablement pas une meilleure année que 2015. A la lecture du dernier sondage au doigt mouillé publié, on pouvait imaginer que les Français avaient enfin muté. Enfin, ils voulaient sortir les sortants. Fini, adieu, ras-le-bol. Ni François Hollande, ni Nicolas Sarkozy. Ils ne voulaient plus de ces hommes qui ont fait de la politique une profession, un accessoire permettant de capter le pouvoir. Ter-mi-né. Il faut de nouveaux visages. Et qui plébiscitent-ils ?

Alain Juppé et Emmanuel Macron

C’est à se demander si le suffrage capacitaire ne serait finalement pas une condition nécessaire pour un bon exercice de la Démocratie. Malheureusement, rien n’étant parfait en ce monde, cela finirait par créer ses propres turpitudes. Et pourtant…

Comment peut-on, en 2016, plébisciter un homme comme Alain Juppé, né en politique dans les années 70 ! Soit les Français interrogés ont oublié, soit ils sont trop jeunes pour se souvenir… Soit ils sont idiots…

Alain Juppé, un homme neuf, donc. Ou presque. Un très proche de Jacques Chirac, tellement proche qu’il avait pris sur lui les dérives de son champion et avait été condamné pour cela… Sans même parler des petits arrangements personnels pour améliorer le quotidien de son fils aux frais de la collectivité. Un homme dont les convictions et le programme n’a rien à envier à celui d’un Nicolas Sarkozy. Un homme qui qualifiait le correspondant d’une chaine de télévision publique française à Moscou de « rouge« . Il était alors ministre de Sa Suffisance Edouard Balladur (au siècle dernier) Il lui glissait cela à l’oreille pendant une conférence de presse, oubliant les micros ouverts posés sur la table devant lui.

A bien y regarder, c’est presque pathétique de penser que le destin éventuel d’Alain Juppé ne repose que sur la détestation par l’électorat de Nicolas Sarkozy et de François Hollande. Élu, il ne devrait son succès qu’à la saturation des électeurs. Et non pas à ses éventuelles qualités personnelles.

Mais une fois encore, les Français voteraient pour un homme par dépit, par exaspération. Pas en raison de ses qualités, de ses actes. Ils voteraient donc avec leurs pieds, et non pas avec le cerveau. Il faut dire à leur décharge que l’on ne peut même plus espérer voter pour des programmes, tant il a été prouvé qu’ils ne sont jamais appliqués.

Macron : plus neuf, tu meurs…

C’est même le contraire qui se produit. Les Français ont élu François Hollande sur des promesses de changement radical. Il fallait écarter Nicolas Sarkozy et sa politique chaque jour plus réactionnaire. Le virage extrême-droitier insufflé par son très cher conseiller de l’ombre Patrick Buisson était repoussé. Mais aussi la tendance ultra-libérale du président sortant, ses amitiés dangereuses avec le monde de la finance et de l’industrie. Son désir d’argent, de bling-bling pendant que la majorité de la population sombrait chaque jour un peu plus dans la précarité. De tout cela, il fallait faire table rase, et François Hollande le promettait. Las… L’inverse se produisit. Le tout, avec la complicité très active d’un certain… Emmanuel Macron. L’homme neuf qui vous fait une politique ultra-libérale avec un pin’s du Parti Socialiste accroché à son costume.

Franchement, qui mieux qu’Alain Juppé ou Emmanuel Macron pour incarner le renouvèlement de la classe politique ? Des hommes d’avenir, neufs, vierges, pétris de sens du service public, tout entiers dédiés à leurs concitoyens, de manière totalement désintéressée. Chers compatriotes (en tout cas les 1042 personnes interrogées par Internet), vous avez fait preuve d’une lucidité déconcertante et -il faut l’avouer, cela réconcilie avec le concept de Démocratie.

 

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