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Marion Maréchal-Le Pen : une certaine idée de la politique

mardi 8 décembre 2015 à 20:08

Sans commentaires…

[édit du 9/12 à 11H19, suite à certains commentaires : Attention cette vidéo date de 2010, et elle est juste amusante (selon l’auteur du billet) de par la réaction de la candidate, à l’époque. Cette vidéo a donc fait rire l’auteur, vous n’êtes pas obligé de faire de même. C’est une archive qui montre quelque chose de quelqu’un, une candidate politique, et chacun peut en tirer la leçon qu’il veut… ou pas. Bisous à tous :-)]

P.S : Le smiley est un moyen moderne de démontrer que l’auteur est content et s’amuse. Il est un artifice journalistique indispensable à l’attention des masses qui ne sauraient pas toujours bien ce que signifient les documents publiés. Il y a des clowns à Reflets. C’est aussi ça, le gonzo-journalisme.

Fin de la société de consommation : le FN, un passage obligé ?

mardi 8 décembre 2015 à 09:41

conso-bonheurIl y a différentes manières d’analyser le résultat du premier tour des élections régionales de 2015.
La première consiste à appliquer le filtre du 20ème siècle qui estime que la montée des partis populistes est causée par de mauvaises politiques des partis de gouvernement et une peur d’une partie de la population. Ces peurs sont toujours les mêmes : la peur de l’étranger, de l’insécurité, du chômage, etc. L’autre analyse, plus large, basée sur la prise en compte des grandes mutations du XXIème siècle ne mène pas du tout aux mêmes constats. Ni aux mêmes réponses politiques. Pourquoi ? Parce que la société de consommation est devenue le seul ciment qui lie les habitants des pays riches, et qu’elle arrive à sa fin.

Un monde qui mute

La principale différence entre l’élection présidentielle de 2002 et les régionales de 2015 réside dans des phénomènes très importants qui forment une mutation de société majeure. Cette mutation n’est absolument pas prise en compte par les représentants politiques, qui continuent à appliquer des vieilles méthodes, et répondent aux problèmes avec des discours caduques.

En 2002, la Chine rentrait tout juste dans l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et n’avait pas encore modifié massivement la donne économique mondiale. Le réseau Internet était un outil sympathique pour les jeunes et les passionnés, moins de 20% de la population française y avait accès. Le monde commençait à subir quelques coups de boutoir, avec les attentats du World Trade Center, l’éclatement de la bulle Internet, mais les fondements de la société des 30 glorieuses étaient encore bien ancrés : croissance économique, production industrielle, protection sociale, et surtout, consommation. La seconde guerre d’Irak avec l’engrenage pervers sur les conflits inter-religieux au Moyen-Orient n’avait pas encore eu lieu.

La société moderne occidentale est assise sur un concept central qui détermine l’ensemble de ses équilibres et de sa capacité à maintenir ses fondamentaux. Ce concept est la consommation. La consommation est depuis les années 50, et surtout les années 80 en France, le ciment collectif, politique des nations développées. C’est par elle que tous les progrès ont pu se réaliser : amélioration de la santé et de l’espérance de vie, facilité de déplacement, progrès du confort quotidien des masses, amélioration des communications, etc…

La France est une société de consommation. Ce qui donne de « l’espoir » à la plupart de ses habitants (et que les responsables politiques promettent toujours) est cette « chose » : la consommation. Tout est d’ailleurs organisé autour de ce concept, au point que les publicités télévisuelles sont le programme principal des chaînes, entrecoupé par quelques émissions ou journaux, et non l’inverse. Le marketing est devenu une « science » et la capacité de la population à sortir du cycle argent-achat-contentement-argent-achat-contentement (boucle) est excessivement basse.

Malgré des changements radicaux dans le système économique et social survenus depuis 2008, la consommation reste le seul projet individuel et collectif qui réunit les habitants des pays développés.

Métro/voiture-boulot-TV/Facebook-Twitter-dodo

Quand un pays habitué à fonctionner — massivement depuis plus de 30 ans — par et pour la consommation à outrance, se retrouve en forte perte de vitesse économique, ce sont les fondations mêmes du système qui vacillent. En 2015, la société de consommation n’est pas arrêtée, loin de là, et les Français continuent à consommer. Mais moins bien. Avec plus de difficultés, et pour une partie grandissante de la population — ayant subi de plein fouet la libéralisation financière des 15 dernières années — en en étant plus ou moins écarté.

Les 5 millionsde chômeurs, les 2,4 millions de RSA, les 500 000 intérimaires, les millions de précaires, les 20 millions de Français qui ne payent pas d’impôts sur le revenu parce qu’ils ne gagnent pas assez, doivent faire en permanence des choix cornéliens : assurer le minimum vital et se priver de la consommation du « contentement », ou… des deux, au moins partiellement.

Alors que tous les fondamentaux économiques ont muté, avec des gouvernements qui ont décidé de suivre le mouvement libéral et mondialisé qui veut que les investissements publics doivent se réduire au profit de la financiarisation de tous les pans de l’économie menant à la maximisation des profits, la population est incitée à continuer à fonctionner de la même manière qu’au siècle dernier.

Métro ou voiture, boulot ou chômage, télévision couplée aux réseaux sociaux (les RS : équivalent du café du coin, en moins perturbateur pour le système politique), et dodo. Recommencer le lendemain, jusqu’aux deux jours de repos, pour les plus favorisés.

Cette boucle un peu infernale n’a pas posé problème durant plusieurs décennies, puisqu’en échange de cet « effort », le consommateur français pouvait… consommer. Partir en vacances 2 ou 3 semaines, et sans être très fortuné, pouvoir même voyager à l’étranger. Se « vider la tête » devant la TV était — et est toujours — la règle, mais auparavant, les produits proposés à l’achat dans le poste pouvaient être achetés, dès le lendemain. Ce n’est plus le cas, pour une grande part des téléspectateurs. La frustration et le décalage entre réalité vécue et rêve en 16/9 inaccessible devient perturbante.

La société de consommation se meurt

La population ne sait pas toujours ce qui est en jeu, mais le sent, et réagit, avec le seul outil qu’elle pense avoir : le vote. L’émotionnel dirige en premier lieu les personnes qui n’ont plus de repères, se sentent perdus, sur la brèche, en danger. Celles qui n’envisagent le monde qu’à travers le bruit de fond du spectacle en boucle du marketing télévisuel.

Il est désormais établi que la crise de 2008 n’était pas simplement une crise financière qui aurait basculé en crise des liquidités bancaire puis en crise de la dette souveraine. Le monde a basculé, et les fondements de la société de consommation sont en train de s’écrouler. Sachant que ceux qui tentent de maintenir — à haut niveau politique ou économique — cette société de consommation, sont les mêmes qui la pillent et accentuent ses injustices dans une sorte de dernier sursaut.

La participation de la Chine au système capitaliste mondialisé —  fulgurante  — l’a menée, malgré son organisation politique autoritaire, à muter vers une société de consommation, équivalente à celles des nations développées. La Chine est en grande difficulté aujourd’hui. Economiquement, socialement, « l’atelier du monde » subit lui aussi les conséquences de la financiarisation, du chaos boursier mondial et des limites de l’économie dérégulée. Les injections de liquidités du gouvernement chinois, comme celles des Etats-unis entre 2008 et 2014, de la Banque Centrale européenne depuis janvier dernier, si elles calment temporairement le chaos en cours, ne permettent pas de retrouver la fluidité des échanges et la croissance économique attendue. Le moteur de l’économie mondiale est en train de caler. Le principe de la société de consommation avec.

L’hypertrophie politique comme réponse au malaise ?

Le modèle occidental de la consommation de masse, en cours d’écroulement, révèle — de manière stupéfiante — sa propre vacuité. L’espace de réunion entre les individus constituant la société n’étant désormais plus rien d’autre qu’une succession d’images commentées à l’infini, ou de commentaires énervés du spectacle télé par réseaux sociaux interposés — devenus désormais objets de frustration et non plus de fascination — la majorité des téléspectateurs-consommateurs français cherchent à savoir comment ils pourraient recouvrer les anciennes sensations de tranquillité et de contentement.

Les politiques en place, qui ont alterné depuis 30 ans, leur tiennent les mêmes discours (le plus souvent vérifiés comme mensongers), tentent de leur faire croire qu’en continuant dans le même sens, les choses reviendront en ordre. En résumé : chacun pourra de nouveau se « vider la tête » devant son poste, et acheter les objets et services qui créent le contentement.

Sauf que cela ne surviendra pas. Et chacun ou presque le sait. Ne reste alors qu’une voie dans l’esprit des Français, celle du vote. Le vote de la frustration, du rejet, de la croyance aux forces nationales, de la création d’ennemis intérieurs, du retour aux fondamentaux de l’ancien monde : celui où la promesse de s’enrichir pour participer à la grande compétition est réelle, où les bons citoyens travailleurs étaient gagnants et pouvaient profiter de leur dur labeur.

Les valeurs de perpétuation de la société de consommation sont massivement contenues dans le discours du Front National. Le Front National ne parle que de ça à ses électeurs. Avec des boucs émissaires sur les causes de la lente chute de cette société mythique, bien entendu : les politiques de gouvernement, l’Europe, l’euro, les grands patrons, les étrangers envahisseurs et les populations issues de l’immigration.

Quand un peuple a peur de perdre la seule chose qui le réunit, l’hypertrophie politique survient toujours. La réponse électorale est toujours la même, elle va vers ceux qui promettent de « tout changer » pour offrir un retour à une gloire passée. La seule chose intéressante, qui reste à vérifier pour 2017, est le taux d’abstention élevé : la moitié des électeurs inscrits (plus les 8% de non-inscrits) renvoient un message fort, celui de ne plus être preneurs du système en place.

La société de consommation se meurt, et quand elle coulera de façon plus profonde, par impossibilité chronique de continuer d’offrir conséquemment, ou parce quelle aura du mal à être alimentée, il sera certainement temps de chercher un autre système de gouvernance et surtout : de vivre ensemble.

Mener des troupeaux de moutons hypnotisés à l’abattoir ne demande pas beaucoup d’effort.

Arrêter d’être un mouton hypnotisé qui passe son temps à brouter l’herbe imposée par le berger et se dresser sur ses jambes pour vivre sa vie, est plus compliqué.

Manuel Valls : bienvenu chez les Ch’tis

lundi 7 décembre 2015 à 16:07

PS-BatmanFrançois Hollande a probablement été élu à cause d’une anaphore qui restera dans les mémoires. Moi Président, je ne ferai pas ci ou ça -sous entendu, pas comme comme l’ancien, Nicolas Sarkozy, nous expliquait-il pendant le débat de l’entre-deux tours. C’était une belle déclaration d’intention. Mais qu’a-t-on découvert ? Un gouvernement de gauche, mené par Manuel Valls, à peu près aussi petit et énervé que Nicolas Sarkozy, qui a mené une politique de droite. Ultra-libérale et sécuritaire. Sur certains point, une politique pire que celle qu’aurait menée Nicolas Sarkozy. Ce que confirment des SMS envoyés à des élus de gauche par des élus de droite pendant le vote de la Loi sur le renseignement : « nous n’aurions jamais pu faire passer quelque chose comme ça« . Eh oui, c’est usuel. Lorsque la droite est au pouvoir, le moindre projet de loi liberticide ou ultra-libéral provoque une montée au front de toute la gauche, Parti Socialiste compris. Lorsque la gauche est au pouvoir, le même type de projet ne provoque aucune réaction car le PS suit son gouvernement en mangeant son chapeau.

Manuel Valls a imposé un virage sécuritaire qui ne passe pas inaperçu. Arrivé à Matignon, il se cale rapidement dans le sillage de Nicolas Sarkozy. Mais les attentats de Paris vont lui donner un prétexte (il est peut-être de bonne foi, qui sait ?) pour accélérer et dépasser Nicolas Sarkozy. Il court derrière Marine Le Pen qui grimpe dans les sondages. Et parfois la dépasse puisqu’elle s’est plusieurs fois opposée à des mesures sécuritaires comme la Loi sur le Renseignement.

Bienvenue chez les Ch’tis Manuel… On se tutoie, on est camarades, hein ? Oui, Manuel, bienvenu chez les Ch’tis, ils ont mis une grande baffe au gouvernement en votant à plus de 40% pour le Front National. Passons sur le fait qu’ils se tirent une balle dans le pied. Revenons à toi. Tu as été stupide. Oui stupide, parce que tu as été incapable de tirer les leçons du passé. Et cette leçon avait été appliquée à ton adversaire Nicolas Sarkozy. Tu ne peux pas dire que tu ne savais pas.

En 2012, Nicolas Sarkozy a perdu, outre l’excellente anaphore de François Hollande, parce qu’il avait opéré un virage à l’extrême droite, suivant ainsi les conseils de son aberrant conseiller occulte Patrick Buisson. Or depuis toujours Jean-Marie Le Pen répète que les Français préfèrent l’original à la copie. Et c’est sans doute la seule chose sur laquelle il ait raison.

Oui Manuel, François, vous avez répété la même erreur. Vous avez cru que vous pourriez récupérer les gens qui avaient l’intention de voter Marine Le Pen en faisant des propositions qui sont les siennes, comme la déchéance de nationalité. Votre tournant ultra-libéral si rapide après l’élection présidentielle, votre tournant sécuritaire, ont détourné des urnes votre électorat naturel. En revanche, les votants Front National continuent de voter pour leurs champions qui n’ont pas encore eu le privilège de décevoir leur électorat.

Vous vous êtes tirés une balle dans le pied. Au delà, vous avez rendu politiquement apatrides des milliers (centaines de milliers?) d’électeurs. Ils ne voteront pas à droite car ils sont à gauche. Ils ne voteront pas à gauche de la gauche car ils lisent aisément ce qui se cache derrière. Ils ne voteront plus et/ou vous feront défaut. Mais le pire, c’est ce que vous avez construit.

Vous avez créé un environnement juridique qui permettra à Marine Le Pen lorsqu’elle accédera au pouvoir, de mettre en place cet Etat policier dont elle rêve. Merci pour la future modification de la constitution, merci pour la Loi sur le renseignement. Merci pour tout camarades. On ne pouvait pas faire pire. Vous êtes des champions.

Eric Mettout : un journaliste en colère

vendredi 4 décembre 2015 à 12:30

300La petite polémique entre Eric Mettout, rédacteur en chef de l’Express.fr et les « légions de l’Internet libre« , comme il les définit, n’est pas aussi inintéressante qu’elle le paraît. Elle donne à voir une facette du journalisme qui laisse songeur. La presse s’enferre depuis plus de 25 ans dans une crise qui s’éternise mais surtout, qui s’aggrave. Nous avions évoqué ce sujet dans une rubrique ad hoc. Le lectorat a fondu, les recettes aussi. A grand coups de « nouvelles formules », de publicités façon arbre de Noël, de hausse des prix au numéro, la presse tente de surmonter ces problèmes en évitant de se remettre en question. Les sujets abordés sont-ils intéressants ? Les lecteurs sont-ils autre chose que des prospects ou des consommateurs ? Les journalistes sont-ils compétents ? Sont-ils légitimes sur leurs sujets ? Doit-on faire appel à une tripotée de contrats à durée déterminée et à des pigistes précaires, plutôt qu’à des CDI qui auront le temps de s’approprier un sujet sur 10 ans ? Doit-on fermer le service de doc « parce qu’il y a Internet » ? Doit-on chercher à tout prix une rentabilité à deux chiffres lorsque l’on est une entreprise de presse ? Doit-on offrir des tablettes avec les abonnements ? Doit-on privilégier des flux d’agences (à peine bâtonnés) pour remplir le site, histoire de donner l’impression de suivre l’actualité en temps réel ? Doit-on payer une photo pour le site 1 euro, parce que bon… Mais aussi… Doit-on envoyer paître les lecteurs mécontents d’un contenu publié, surtout lorsqu’ils ne sont pas des cas isolés, mais qu’ils sont… légion ?

Capture d’écran 2015-12-04 à 14.29.20

Eric Mettout est un journaliste en colère. Comment ? Des hordes de barbus se permettent de contester une tribune de l’une de ses consoeurs publiée sur L’Express.fr ? Ni une ni deux, il prend la plume et invective ces « légions de l’Internet libre » qui « se servent des mêmes armes que leurs homologues moins recommandables et ont les mêmes travers« . Leurs homologues étant tout de même les hordes « climatosceptiques, sectaires, conspirationnistes, dieudonnistes, religieuses, automobilistes, antisémites, ultra-sionistes, islamistes, islamophobes, homophobes, veggies ou politiquement extrémistes, de gauche mais surtout de droite« . Pas moins. Ça leur fera plaisir d’être comparés à des antisémites, des homophobes et tant d’autres personnes peu recommandables.

Foncer dans le mur en klaxonnant…

Quand une ou deux personnes s’offusquent de ce que l’on écrit, quant elle partent en mode troll sans aucune argumentation précise, on peut les envoyer paître. Ou les ignorer. Mais quand une foultitude de personnes faisant référence sur un sujet vous disent : « tu t’es trompé »…, il est préférable de s’arrêter avant d’avoir l’air, au choix, ridicule ou agressif. Problème d’ego vieux comme le monde, les gens préfèrent généralement continuer de s’enfoncer plutôt que de reconnaître leurs erreurs.

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Sur cette histoire de terroristes de l’état islamique (Daesh) qui « n’existeraient pas » sans Internet, il y a quand même pas mal de gens dont le bagage technique et l’expérience d’Internet sont stratosphériquement supérieurs à ceux de Christine Kerdellant ou d’Eric Mettout qui ont prévenu : cette article est une daube (©Guillermito).

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Une alerte qui aurait dû, assez logiquement mener soit au silence, soit à un article mettant en question cette tribune (oui, ici nous faisons ce genre de choses). L’inverse s’est produit. Eric Mettout a soutenu les dires de sa collègue, qui sont, mais je n’y reviendrai pas trop, erronés techniquement (Bitcoin ou Telegram par exemple) et qui contredisent une étude ayant désormais pignon sur rue.

Mais pas seulement, il s’est lancé dans une diatribe surréaliste contre ceux qui mettaient en doute les écrits de sa collègue. Et une diatribe pas très sympa comme nous l’avons vu, lorsqu’il les compare à des antisémites, des islamistes ou des homophobes…

Si à 40 ans t’as pas eu un procès à cause d’un journaliste de Newbiz, t’as raté ta vie

L’auteure de l’article incriminé est Christine Kerdellant, qui se présente comme fondatrice d’un magazine aujourd’hui disparu, Newbiz. Il se trouve que j’ai de la mémoire et que je me souviens qu’à l’époque, Newbiz employait au moins un journaliste aux méthodes plus que douteuses. Un certain Stéphane Barge à qui je dois plus de deux ans d’emmerdes.

Pour Christine Kerdellant, comme Stéphane Barge ou Eric Mettout, le Net, c’est « Le Web », et probablement, accessoirement, un supermarché, le creuset de la « nouvelle économie », des start-up inventives, un repère de monstres. Et pas grand chose d’autre.

Parce que dans un univers sans foi ni loi, comme celui que défendent les plus radicaux de tes amis, ce n’est pas l’intelligence qui gagne, mais la force, le fric, le mensonge, l’intox et la démagogie. Et aujourd’hui, entre gafa et manif pour tous, le Web, hélas! c’est beaucoup ça.

Alors, lorsque les Internets sont un peu envahis par les GAFA, par les islamistes, on s’énerve. Un mot devant l’autre dans un article enflammé, et voilà que les gens de l’organisation état islamique n’existeraient pas sans Internet. C’est oublier un peu vite, tout enfant de dix ans le comprend pourtant, que ces gens là égorgent, pillent, tuent, délirent, dans un monde très réel. Et que même sans Internet, ils continueraient de le faire.

Ils ne font pas des cyber-morts via Telegram, ils font des vrais morts, avec de vraies armes et de vrais discours sectaires. Les combattants de cette organisation, ce sont entre 20.000 et 200.000 personnes, selon les estimations que l’on veut retenir. Principalement « locales ». Quant au combattants étrangers venus d’occident, ils seraient 3.000. Ou plus. Car en fait, à défaut de journalistes sur place (à part des otages) il n’y a pas grand monde pour dire ce qui se passe vraiment dans cette région.

Sur les 700 Français qui ont rejoint l’organisation terroriste, combien d’auto-radicalisés sur Internet, cette théorie chère au gouvernement français qui évite de se poser les bonnes questions ? Combien radicalisés au contact d’autres radicalisés ? Détails sans doute que tout cela, pour l’Express. Oui, pour l’Express, parce qu’un édito, cela engage toute la rédaction. C’est un peu le principe…

La cyber-guerre, ça fait des cyber-morts

La cyber-guerre (et ses cyber-morts)… Eric Mettout et Christine Kerdellant ne pouvaient pas faire l’impasse sur ce FUD de première bourre et très ancien. Il a été inventé par l’armée américaine circa 1996/1997 pour obtenir de gros budgets juteux.

tv5monde-mettoutEt pourtant, Eric Mettout… Le cyber-terrorisme est un fantasme. D’une part, l’attaque de TV5 Monde n’est pas, sauf preuve avérée, une attaque de Daesh. D’autre part, la seule réelle opération de cyber-terrorisme ayant eu un vague succès concerne l’Iran, lorsque Stuxnet a permis d’atteindre les centrifugeuses d’une centrale nucléaire. Et encore, via une clef USB, pas via Internet. Bilan de cette opération de cyber-terrorisme ? Zéro mort.

Parler de hack, de piratage, de cyber-guerre, de cyber-terrorisme est toujours un terrain miné pour un journaliste. Ce qui défie l’imagination sur ce terrain est par nature non public. Non partagé. Ce ne sont pas les DDoS de quelques Anonymous, ce ne sont pas les piratages de LulzSec, ce ne sont pas des modifications de pages d’accueil. Comment parler de ce que l’on ne peut pas voir, de ce qui n’est jamais partagé par leurs auteurs ? Dur métier que celui de reporter de cyber-guerre…

La Loi, rien que la Loi

Internet, n’en déplaise à Eric Mettout ou à Christine Kerdellant, n’est qu’une photocopie du monde « réel ». Le réseau n’invente rien. Pour toute situation bien réelle, ou « numérique », il existe un texte. Parfois même, les textes sont plus durs pour une situation équivalente, dans le monde numérique. Paradoxal, mais c’est la réalité.

 


Christophe Barbier : « Ça se régule aussi… par rmc

Nous, les légionnaires dinosaures, on est un peu fatigués de le répéter depuis 1996 : il est inutile de légiférer en permanence à propos d’Internet. Ce réseau n’est pas un lieu où le droit ne s’applique pas. Et utiliser Internet pour commettre un délit ne doit pas systématiquement être perçu comme une circonstance aggravante. Nous ne sommes pas des libertariens, comme le dit Eric Mettout. Bien au contraire. Nous pensons que la liberté d’expression, dans les limites de la loi, du contrat social qui nous unit, doit s’appliquer avec la même force sur Internet que dans la vie, nous pensons que le droit au pseudonymat et au respect de notre vie privée doivent être aussi légitimes sur Internet que dans la vie réelle. Pseudonymat qui est une pratique courante dans la presse ou l’écriture de livres (Journalistes du Canard Enchaîné qui ont un nom de plume par exemple, ou Emile Ajar).

Le droit à la vie privée sur Internet, c’est aussi, par exemple, ne pas voir révélées ici ou ailleurs les trois adresses mail des trois clients d’un sexshop en ligne ayant travaillé à l’Express. Et c’est très bien comme ça.

Sur écoute

onu-collin-powelPenser que les terroristes (au sens large) sont plus dangereux aujourd’hui qu’hier en raison de leur usage d’Internet dénote une perception assez floue de ce que les Etats ont mis en place en matière de surveillance des réseaux. Il y a bien les powerpoint moches d’Edward Snowden, qui ont alerté les journalistes. Ils ont compris plus ou moins précisément que « la NSA surveille tout » et que « c’est grave ». Mais encore ? Ben, c’est un peu tout. C’est déjà beaucoup.

La portée des écoutes, la puissance des outils mis en place reste un concept flou pour Eric Mettout et Christine Kerdellant. Sans quoi ils se féliciteraient que les terroristes utilisent un réseau sous TCP/IP.

La période est guerrière. Les discours se tendent. Nous allons assister à un mauvais remake des années Bush. Attendons-nous à lire des articles qui soutiennent les dérives sécuritaires gouvernementales, les volontés de surveillance généralisée. Soyons prêts à recevoir des charges violentes lorsque l’on dénoncera ces dérives. Tout cela, nous l’avons déjà vécu. Daesh n’existerait pas sans Internet, comme Saddam Hussein avait des armes de destruction massive (et même du yellowcake), ce qui avait été prouvé à l’ONU par Colin Powell. C’est dire si c’était vrai…

caze

 

Quand on n’aime pas Libervia et le darknet

vendredi 4 décembre 2015 à 10:54

sarcasmOn le sait, les charges contre le logiciel libre sont régulières. Les charges contre le chiffrement le sont tout autant et le sont encore plus depuis que quelques organes de presse s’emparent du sujet sous un prisme un peu déformé, soit par ignorance soit par calcul, qu’il soit politique ou commercial.

Chez Reflets, nous avons une tripotée d’ « amis » de longue date, particulièrement dans le monde de la surveillance électronique et de l’armement (c’est souvent en fait les mêmes). Et quand sur un article assez anodin sur un logiciel libre, Libervia, on voit apparaître un curieux commentaire comme celui-ci :

« Bien joué ! En plus d’être beau et communautaire, grâce à ce beau projet, la criminalité (terrorisme, enclave mafieuse, trafic en tout genre) va bénéficier d’un nouveau service sécurisé. Bien joué les gars. Avec le darknet c’est un beau programme.

Trop fort ! »

… Juste par curiosité, comme ça, on procède à un petite vérification. Pourquoi ? Parce que c’est souvent drôle et ça vient souvent de chez la même bande de grands comiques.

Et une fois de plus, bingo !

tropfort-thales

Si chez ces entreprises on pouvait s’occuper de refourguer ses boites noires et ses missiles à des régimes peu recommandables ou à alimenter son fond de commerce en sollicitant les politiques pour qu’ils s’arment contre l’ensemble de la population… au lieu de venir troller les contributeurs du libre qui offrent de leur temps pour produire des outils de communication libres, nous lui en saurions gré.

Fin de la récré du trolldi, vous pouvez vous remettre à troller dans les intertubes.

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