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Crise sociale : c’est l’injustice qui est en cause

dimanche 5 juin 2016 à 12:35

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La loi travail n’est potentiellement qu’un déclencheur d’un malaise de société bien plus profond. Les dernières révélations des Panama Papers ne sont qu’une partie du puzzle, celui d’un système profondément injuste que les populations des pays développés commencent à parfaitement cerner, et subissent de plein fouet depuis la crise financière de 2008. Les « soulèvements » populaires (ou contestations) sont toujours causés par une accumulation d’injustices à l’encontre du plus grand nombre, et ce, au profit d’une minorité. Où en est-on sur le front de l’injustice dans les sociétés riches — et plus particulièrement dans la société française ?

Ecrasement économique

Les réglementations budgétaires européennes — votées par les parlementaires UMP et socialistes, dans le cadre du Traité de Lisbonne (remplaçant celui de 2005 pourtant rejeté en France à 54% par référendum, tout comme aux Pays-Bas) — sont le combustible de la crise, mais pas son moteur. Le TSCG était censé être renégocié par François Hollande, qui — en tant que candidat — jouait à fond la carte du contestataire de l’austérité, facteur pour lui de « moins-disant social ». Las, à peine élu, Hollande courait embrasser Merkel pour la rassurer sur le TSCG : les 3% de déficit budgétaire ne devaient — enfin de compte — surtout pas être remis en cause, et toutes les réformes à appliquer dans les pays de l’Union devaient donc être calquées sur cette statistique absurde, avec comme seul méthode : la réduction des dépenses de l’Etat alliée à des réformes dites « structurelles ». Cette terminologie de « réformes structurelles » a été, et est toujours unilatérale, basée sur les préconisations du FMI, de la commission européenne de Bruxelles et de la BCE. Ce sont des réformes économiquement « libérales » : baisse des « coûts du travail » (nommées les « charges »), donc abaissement des parts de cotisations sociales pour les entreprises — avec à la clef la baisse des recettes fiscales et sociales —, « assouplissement du droit travail » (retrait des protections sociales des salariés), et baisse des impôts pour les entreprises pour améliorer la « compétitivité » (baisse des recettes de l’Etat, encore une fois).

Alors que l’économie mondiale a connu des ralentissements colossaux, voire des récessions pour certains pays, depuis la crise financière de 2008 partie des Etats-Unis, la France dirigée par François Hollande a entretenu la crise économique par ses différents « plans de réforme » : le CICE a, à lui seul, coûté 45 milliards d’euros publics en faveur des entreprises qui ont reconstruit leurs marges mais n’ont — en toute logique — pas investi, vu le contexte quasi-récessif. Et donc pas embauché.

La baisse des dépenses pour les services publics ainsi que celles des dotations aux collectivités territoriales sont venues couronner le grippage de la machine : plus aucun investissement digne de ce nom n’est effectué au niveau national. Le dernier recours, quand une crise économique internationale sévit, est la relance par les investissements publics, ce qu’Obama a bien compris depuis 2010 et a permis aux Etats-Unis d’éviter l’écroulement de l’économie du pays. En France, il semble que suivre les demandes de la Commission et du FMI est plus central que tenter de relancer la machine. Cette option de « vassalisation » française au TSCG et donc aux demandes absurdes et technocratiques de l’Union est un carburant qui entretient le moteur principal de la crise : la captation des richesses et l’explosion des injustices.

Le moteur : la captation des richesses

L’écrasement économique pratiqué dans l’UE via des politiques absurdes, contreproductives et analysées comme telles par les meilleurs spécialistes de la chose, s’il est un carburant de la crise, n’est ni anodin, ni sans objet. Ce carburant alimente un moteur. Le moteur est celui de la captation des richesses. Les LuxLeaks ont dévoilé un trou noir fiscal au cœur de l’Europe des 28, au sein du pays dont l’ancien premier ministre, Jean-Claude Junker est aujourd’hui président de la Commission de Bruxelles : le Luxembourg. Ce pays à organisé le détournement de la fiscalité des plus grandes multinationales à son profit, créant ainsi une gigantesque « trappe fiscale » à l’échelle du continent. Des centaines de milliards d’euros sont ainsi détournés des budgets d’Etats pour augmenter les profits des actionnaires des multinationales, tandis qu’il est demandé aux populations européennes de « faire des sacrifices ».

Les « richesses » créés France sont de grande ampleur : ce petit pays est la cinquième ou sixième puissance économique au monde et possède les plus grandes entreprises de secteurs aussi divers et cruciaux que l’automobile, l’eau, l’énergie, le bâtiment ou encore les médicaments. Ces entreprises de taille mondiale ont pu le devenir grâce à la mise en place d’infrastructures de qualité, infrastructures payées par… la contribution… des populations. Grâce à leur travail. Tant que la redistribution proportionnelle aux efforts [de ceux qui participaient à la créer], établie comme « justice sociale », fonctionnait à peu près normalement, ces outils de création de richesses fournis par un ensemble de puissance économiques capitalistes ne posaient pas de problème. Au contraire. L’Etat investisseur a pu ainsi améliorer le système de santé, éducatif, des transports, etc, pendant des décennies. La « modernisation » de l’une des plus grandes puissances mondiales a pu s’opérer, et sa population en profiter, d’un point de vue capitaliste : accès au crédit, aux aides sociales, à l’éducation, à la consommation, etc.

Le virage qui caractérise le moment où ce statu-quo ne tient plus est celui observé aujourd’hui : l’injustice par la captation des richesses d’une petite minorité au détriment de la grande majorité. Quand l’Etat réduit les moyens des hôpitaux, abaisse les remboursements des soins, retire ses dotations à tous les niveaux, la population commence à nettement moins bien vivre. Alors que dans le même temps, les bénéfices des grands groupes explosent, que les dividendes de leurs actionnaires sont maintenus quoi qu’il en coûte en termes de casse sociale, et que leurs dirigeants se font payer des salaires inimaginables pour 99% des Français, il est demandé aux plus modestes, par le personnel politique, d’encore plus « contribuer » tout en acceptant de perdre (en pouvoir d’achat, en protection sociale). Cette inversion de la justice sociale ne peut que créer du ressentiment. Surtout quand les affaires de corruption se succèdent, démontrant qu’à tous les niveaux, cette inversion est calculée, orientée, et surtout : organisée.

Projet univoque mafieux ?

Les Panama Papers révèlent une partie de l’organisation de la captation des richesses au niveau mondial, et soulignent leur caractère systémique, tout comme les LuxLeaks ou bien encore, les décisions absurdes et injustes de la Commission. Les plus grandes banques utilisent les mêmes circuits financiers pour soustraire une partie de leurs bénéfices aux taxations publiques (le bien commun) que les organisations mafieuses. La grande machine à soustraire, blanchir l’argent (du plus grand nombre) se révèle d’une puissance inouïe, et pose des questions sur la véritable marche du monde. La confusion entre ceux censés maintenir l’équilibre et la justice dans les sociétés (les politiques) et ceux qui cherchent à en profiter à n’importe quel prix (les criminels) est mise à jour par l’ensemble des phénomènes politico-économiques décrits plus haut. De façon plus limpide, les organisations criminelles travaillent avec les mêmes outils que les décideurs politiques ou économiques, et une partie de ces trois « secteurs » est active dans les trois sphères. L’idée que l’organisation globale des sociétés, au profit unique des grandes « machines à cash », qui mêlent activités légales et illégales, respectant ou non les réglementations, soit le fait de mafias criminelles ou assimilées, commence à faire son chemin. Un chemin inquiétant que les extrêmes droites mondiales ont su capter et qu’elles sont en train de capitaliser en termes électoraux.

Le projet de société français, s’il a été large à une époque (éducation, culture, émancipation, solidarité, etc) est aujourd’hui univoque et potentiellement mafieux. L’objectif déclaré des politiques pour le pays, n’a d’autre objet que l’enrichissement. Croissance et bénéfices sont l’unique but à atteindre que propose le pouvoir politique. Exactement comme le font les structures économiques légales ou illégales. Les « affaires » de corruption se succèdent, dévoilant toujours un peu plus la porosité entre cercles mafieux illégaux et cercles officiels légaux, mêlant dirigeants d’entreprises, personnels politiques, personnes d’influence ou autres hommes et femmes de « pouvoir ».

Le propre des mafias (ou de ceux qui utilisent les mêmes méthodes pour parvenir à leurs fins) est le contrôle : pour faire « taire » tout ce qui pourrait entraver la bonne marche de leurs affaires. En France, c’est la presse qui possède ce pouvoir de dénonciation à l’encontre des « mafias » ou assimilés. Comment la faire taire ? En toute logique, 80% de la presse à été rachetée par ceux-là mêmes qui possèdent les plus grosses « affaires » du pays. Sept milliardaires ont racheté la quasi totalité des journaux, ou groupes de médias sans qu’aucune voix politique ne s’élève pour les en empêcher. Quand les pratiques illégales de l’entreprise Free pour fermer certaines de ses activités — en poussant les gens à démissionner — sont dévoilées (par ce qu’il reste de presse indépendante), le quotidien français le plus réputé, le Monde, n’en touche pas un mot. Logique : l’un des trois patrons-actionnaire du Monde, Xavier Niels, dirige l’entreprise Free.

L’injustice peut-elle augmenter sans conséquences graves ?

La réponse à cette question se trouve dans l’observation des pires systèmes politiques, les moins respectueux des droits humains. Plus une société possède un système démocratique de qualité, moins l’injustice peut s’y répandre : des organes de contrôles y existent, des moyens importants sont donnés pour réprimer la corruption, et la société dans son principe même de fonctionnement politique tente de ne pas laisser l’injustice s’y répandre. La corruption, et son lot d’injustices est le propre des sociétés de « basse fréquence démocratique », ou bien entendu, des dictatures. Les pouvoirs en place y sont le plus souvent mélés aux organisations souterraines les plus criminelles, la répression des populations — lorsqu’elles tentent de se soulever contre l’injustice en place — y est la règle. Dans ces sociétés baignées d’injustice, les conséquences sont graves pour les individus qui ne participent pas à l’exercice du pouvoir politico-économique et mafieux, en termes de difficultés quotidiennes et d’indignation morale. Mais au fond, ces sociétés continuent à fonctionner, voire à se développer fortement d’un point de vue macro-économique, comme dans le cas de la Chine. L’injustice et la corruption ne sont pas les ennemies des systèmes capitalistes. Au contraire.

Un pays comme la France est en train — sous la volonté d’un homme élu un peu par défaut, aidé de quelques lieutenants politiques — de dégrader son fonctionnement démocratique de manière accélérée, sous les yeux effarés d’une partie conséquente de la population.  La réponse du gouvernement Valls et du chef de l’Etat face à la contestation de la fameuse loi travail (demandée en haut lieu, par les instances européennes) atteste de ce basculement d’une démocratie —  certes imparfaite mais jusqu’à il y a encore peu de temps, un tant soit peu « vivante » — vers ce nouveau système de basse fréquence démocratique. Des élections ont lieu, des gens sont élus, des médias informent ou désinforment, des manifestations sont réprimées avec des outils de répression policière démesurés, des juges oublient de juger ou jugent en fonction de critères de classe, des pressions sont exercées, des lobbies imposent en coulisses leurs volonté, des influences de masse sont exercées, des pans entiers de populations courbent l’échine, craignent pour leur avenir, et pour leur présent. Le pouvoir politique, au service du projet mafieux global continue d’imposer et amplifie la nouvelle gestion univoque  de la société. Quoi qu’il en coûte en termes de Droit, de risques de violences, de destruction du contrat social.

Les Français sont conscients de ces phénomènes, certainement dans des proportions importantes, mais ils continuent de croire que leurs choix individuels sont les bons, et que ce sont les politiques les seuls responsables de cette dégradation. L’un des choix individuels français est pourtant celui de se laisser manipuler devant des écrans de télévision et de croire « penser » la société en toute liberté, alors que [les Français] ne font majoritairement qu’une seule chose : cautionner l’injustice par leur passivité quotidienne et leur collaboration active au système en place — qu’ils dénoncent par ailleurs.

La « délivrance » et le changement ne surviendront qu’à une condition pour les Français: accepter de sortir de l’état d’hypnose dans lequel ils sont plongés en jetant leurs télévisions à la poubelle, puis en sortant dehors respirer l’air, rencontrer leurs congénères et dire fermement à leurs « maîtres » politiques, censés être à leur service : « ça suffit ».

Quand on sait l’angoisse procurée par une seule soirée sans télévision chez 80% des Français, jeunes inclus, il est clair que cette option ne surviendra pas de si tôt…

A moins que d’autres options ne soient envisageables ?

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