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Le travail : parlons-en…

mercredi 25 mai 2016 à 10:21

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Une partie de la population se fâche contre la régression réforme du droit du travail — instiguée et passée en force par le gouvernement socialiste — mais peu de médias traitent le fond du sujet, pourtant central, celui du… travail. Justement.

Le travail, c’est la justice ?

Dans un pays riche, industriel et développé, le travail est un enjeu de société crucial. Toute la société française repose sur l’activité de production, qu’elle soit de biens ou de services, et ce, pour une raison simple : le modèle de société actuel est issu de la révolution industrielle, et s’est renforcé au cours du XXème siècle par des luttes sociales. La santé, l’éducation, les transports, les loisirs, l’alimentation, toutes les activités indispensables à la cohésion et au bon fonctionnement de la société sont dépendants du travail de millions de personnes qui produisent ces biens et ces services. Cette évidence n’est pas forcément claire dans d’autres pays, qui fonctionnent à l’aide de rentes tirées des énergies fossiles extraits de leur sol, l’utilisation de travailleurs étrangers expolités et sans droits, ou encore du refus de certains d’Etats d’investir pour les infrastructures de base.

En France, les personnes travaillent, en retirent un revenu, en reversent une partie à la collectivité (l’Etat) qui investit dans les infrastructures, puis ils consomment des biens et services qui rapportent des revenus à ceux qui les vendent, etc… La règle établie jusqu’alors est simple : travailler correspond à avoir une activité rémunérée dont une partie est retirée au travailleur pour payer des cotisations sociales, taxes et autres impôts qui permettent de bénéficier d’une somme de services et protections au sein de la société. Le travailleur à des droits et des devoirs, tout comme l’employeur. Jusque là, tout va bien…

L’étrange renversement des valeurs

Ce qui est survenu en quelques décennies est un mouvement de fond déjà ancien et propre au systèmeme économique en place, mais il est fondamental. Ce mouvement est le basculement de la part du travail vers celle du capital, et au delà, de l’inversion des valeurs. Pour faire simple : plus vous êtes en charge de produire le bien ou le service d’une entreprise publique ou privée, donc au cœur de ce qui crée de la valeur dans la structure, moins votre revenu est élevé. À l’inverse, moins vous êtes productif, donc plus vous êtes éloigné de la fabrication, du travail concret que votre entreprise fournit, plus votre revenu est élevé.

Prenons l’exemple de n’importe quelle société de service, comme un call-center. Ce que produit une entreprise de ce type est simple à envisager : un service par téléphone à des usagers. Il faut donc des opérateurs qui répondent à des clients par téléphone. Sans les opérateurs, l’entreprise n’existe pas. Il y a bien entendu d’autres salariés nécessaires au fonctionnement du service, comme les commerciaux, les comptables, mais dans des mesures moindres que les opérateurs. En réalité, une fois l’entreprise lancée, si l’on ne gardait que les opérateurs, le service pourrait parfaitement fonctionner sans commerciaux. Sans superviseurs. Sans gestionnaires. Sans chef. Avec les comptables, mais pas plus. La réalité que chacun connaît est que le moins payé dans ce type d’entreprise est celui qui effectue tout le travail nécessaire à créer la valeur… intrinsèque à l’entreprise. Les mieux payés le seront au fur et à mesure de leur inutilité dans la structure. Le comptable, utile, (encore que les progrès de l’nformatisation permet de relativiser leur activité) sera un peu mieux payé, mais nettement moins que le commercial, relativement inutile.

C’est donc lorsque nous arrivons tout en haut, dans le cercle des dirigeants, qui ne produisent jamais aucune valeur intrinsèque, que les plafonds de salaires explosent. Sachant que sans ces dirigeants, la valeur continuerait à se créer.

Dans un supermarché, une usine de voitures, une station service : moins vous êtes au cœur de l’activité, moins vous créez de valeur directe dans l’appareil de production, mieux vous gagnez votre vie, plus votre salaire est élevé. Ce constat est important pour plusieurs raisons : la première est que la valeur du travail s’est inversée. La deuxième est que l’échelle de revenus ne correspond absolument plus à la réalité sociale.

Travailler sans métier, là est l’avenir

La dichotomie perverse du système en place à été très bien vendue à grands coups de discours martellés de façon systématique, pour éviter de questionner le fond du problème. Celui de la captation des richesses issues du travail par une classe minoritaire.

Lorsque l’on parle des personnes qui travaillent, le mot « travailleurs » peut être utilisé. Il l’est de moins en moins pour une raison simple : ce terme fait ressortir l’énormité de l’injustice en place. Un travailleur à un métier qu’il exerce. Que ce métier soit peu ou très qualifié ne change rien au fait que le travailleur a une activité référencé, connue, avec une formation qui s’y affère, etc…

Pourquoi ne parle-t-on pas de travailleurs quand il est question des « patrons », des cadres dirigeants, de toutes les personnes à hauts salaires qui ne participent pas directement à la création de valeur ? Parce qu’ils n’en sont pas, des travailleurs. Il n’ont en général pas de métier établi qu’ils exercent. « Patron » n’est pas un métier (ni entrepreneur), cadre dirigeant est une fonction. Mais que fait-il exactement ce cadre dirigeant ? Où est son métier concret ?

Plus vous savez effectuer une tâche professionnelle précise, que votre métier est connu, établi, moins vous pourrez bénéficier d’un bon revenu. Le cas des rédactions est amusant à traiter : les articles, sujets antennes, sont produits par des journalistes, majoritairement précaires. Ils sont les moins bien payés de la rédaction. Sauf que sans eux, pas de média. Toutes les personnes qui ne descendent jamais dans la salle de rédaction, ne produisent jamais rien pour le média, n’ont jamais la main sur les sujets et la ligne éditoriale, sont les mieux payés de l’entreprise. La promotion salariale des individus passe par la capacité à ce qu’ils soient de plus en plus incompétents et improductifs. Cet état de fait à été théorisé dans les années 70 sous le nom de principe de Peter.

L’avenir salarial appartient  donc à ceux qui ne savent rien faire et ne produisent rien. Ce sont eux qui captent la majorité de la richesse produite. Dans une logique absurde qui tue la créativité, l’envie de faire, et inverse le mérite professionnel. Comment est-il possible de continuer à parler de travail dans ces conditions ?

Recréer une logique de la valeur

Face à ces constats, confortés par les discours médiatiques sur la « valeur des patrons » — qui si elle doit être « peut-être un peu régulée « ne peut être remise en cause selon eux — dont les salaires peuvent atteindre 400 fois le salaire le plus bas de leurs entreprises, le combat est inégal. Il a été admis que les salariés qui effectuent des tâches indipensables pour la production de l’entreprise sont des sous-merdes qu’on doit payer le minimum, et que ceux qui les « dirigent » peuvent se payer chaque mois plusieurs années de salaires des premiers. Celui qui a le « pouvoir de décision », la fonction sans métier établi est celui qui vaut le plus, celui qui agit, exerce son métier, vaut le moins.

Pourtant, il est possible de créer des structures autres.

La scop est une structure coopérative où chaque salarié est actionnaire. Tout le monde est « patron » dans une scop. Cela ne signifie pas que tous les salaires doivent être les mêmes. En fonction de la difficulté des tâches exercées, des qualifications requises, des disparités de salaires peuvent bien entendu exister, mais elles sont déterminées par l’ensemble des salariés, qui de toute manière sont intéressés aux bénéfices de l’entreprise. La logique de la valeur n’a rien à voir dans une structure où chaque salarié est actionnaire. Où chaque voix compte. Où chaque métier peut s’exprimer au sein du conseil d’administration.

Réformer le travail en France pourrait être une bonne chose. Surtout si un gouvernement de gauche s’y attelait, puisque la gauche est censée transformer la société pour aller vers une plus grande équité, créer les conditions d’une lutte contre les injustices sociales, et participer à une mise en cause effective de la captation du capital par ses détenteurs. Redistribuer. Rendre les salariés actionnaires. Orienter vers la détention participative, à l’intéressement, à la prise de décision des salariés dans l’orientation des entreprises et l’équilibre des salaires.

Ce serait beau, non ?

Le travail est central pour l’équilibre d’une société. Surtout quand il en manque. Tenter de réduire les droits des salariés, les humilier encore plus en donnant plus de pouvoirs aux improductifs détenteurs du capital [ou asservis à leur cause] est une très mauvaise idée. Au point que c’est l’équilibre de la société tout entier qui pourrait être brisé.

L’éloge du travail dans la bouche de ceux qui n’ont jamais exercé aucun métier est une provocation. Jusqu’où pourra-t-elle être soutenue ?

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