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Directive copyright : le Parlement européen sous la menace des lobbies et des manoeuvres françaises

mardi 6 juin 2017 à 11:44

Paris, le 6 juin 2017 —  Alors que toutes les commissions concernées au Parlement européen ont rendu leurs avis sur la proposition de directive sur la réforme du droit d'auteur, la situation est plus que complexe : les rapports constructifs des différentes commissions ont été pilonnés à la fois par la Commission européenne, mécontente de voir ses dispositions dangereuses être contestées, par les ayants droit et les lobbies de l'industrie culturelle qui refusent de céder le moindre point aux utilisateurs, et par certains acteurs parlementaires ou nationaux, au premier rang desquels malheureusement la représentation française, qui continue de défendre les positions les plus réactionnaires sur le droit d'auteur. La Quadrature du Net dénonce le dévoiement du travail parlementaire au profit des lobbies, et appelle le nouveau gouvernement à reprendre le dossier de la réforme du droit d'auteur avec une position ré-équilibrée en faveur des libertés, de la création sous toutes ses formes et des utilisateurs.

Le projet de directive européenne sur le droit d'auteur, présenté en septembre 2016, était assez peu ambitieux et comportait deux mesures dangereuses que nous avons dénoncées depuis lors : la création d'un droit voisin pour les éditeurs de presse (article 11), et une mesure visant à obliger les plateformes de partage à mettre en place des outils de détection automatique de contenus illicites (article 13).

Police du Copyright

La rapporteure de la commission JURI (affaires juridiques) au sein du Parlement européen, saisie au fond sur la directive, avait cependant rendu au printemps 2017 un rapport et des propositions d'amendements plutôt équilibrés, suivie en cela par les rapporteurs pour avis des commissions CULT (culture), ITRE (industrie) et IMCO (marché intérieur). Ces rapports, de façon différente mais avec une logique semblable, attaquaient ces deux mesures comme attentatoires aux libertés, dangereuses pour l'équilibre de la directive eCommerce de 2000 qui encadre les responsabilités des hébergeurs sur Internet, et ne réglant pas la question du transfert de valeur pourtant présentée comme étant au cœur de la directive.

Immédiatement, la Commission européenne, les lobbies de l'industrie culturelle, les ayants droit et certains parlementaires, notamment français, se sont insurgés face à ces propositions pourtant constructives et éclairées. Les amendements proposés dans les différentes commissions sur les rapports se partagent entre deux grandes positions :

En se rangeant derrière les exigences les plus excessives des ayants droit, et en tentant de rallier au sein du Parlement européen d'autres parlementaires pour soutenir ces positions, un certain nombre de parlementaires français (Virginie Roziere, Jean-Marie Cavada ou Constance Le Grip pour les plus actifs) empêchent toute évolution positive du droit d'auteur en Europe et brouillent les positions d'un débat qui aurait pu être constructif, s'ils avaient joué le jeu d'une vraie ouverture et non d'un relais systématique des positions des lobbies.

La Commission LIBE (des libertés civiles), dernière à se prononcer, et uniquement sur l'Article 13, a bien senti le danger pour les droits fondamentaux de la détection automatique de contenus illicites, qui entraîne par nature la surveillance des internautes et le non-respect des exceptions légitimes au droit d'auteur. Elle vient de proposer de remplacer cette mesure par des accords de licence entre ayants droit et plateformes, ce qui pourrait être un moindre mal s'il s'agit de partager des revenus publicitaires ou autres mesures indolores pour les utilisateurs, mais qui manque singulièrement de précision sur les fondements de ces accords de licences.

Dans ce maelström de positions et de contre-propositions, il est difficile aujourd'hui de savoir si le Parlement européen réussira à avancer sur la question de la réforme du droit d'auteur, ou si nous allons non seulement ne rien faire progresser, mais même régresser sur certains points. La position des représentants français les plus actifs sur ce dossier, et jusqu'aux dernières élections celle du gouvernement français, a été désastreuse.

La Quadrature du Net demande donc aux parlementaires européens de s'atteler plus sérieusement à trouver un équilibre constructif dans les votes qui auront lieu entre juin et l'automne dans les commissions, à repousser les positions les plus extrémistes portées par les ayants droit et les industriels, et à ne pas perdre de vue que l'équilibre des responsabilités sur Internet est une matière sensible qu'il ne faut changer qu'avec d'infinies précautions, qui ne semblent pas avoir été prises ici.

La Quadrature du Net demande aussi au gouvernement d'Edouard Philippe, et à la ministre de la Culture Françoise Nyssen, de prendre le temps d'écouter et de recevoir les associations et collectifs engagés pour une réforme ambitieuse du droit d'auteur. Après plusieurs années d'enfermement total du ministère de la Culture au profit des ayants droit et des industries, il est temps de reprendre l'ouverture pour porter une vision française du droit d'auteur qui défende la création sous toutes ses formes, l'innovation culturelle et les droits des utilisateurs.

Neutralité du Net : un an après, un bilan gris foncé

mercredi 31 mai 2017 à 10:07

Paris, le 31 mai 2017 — A l'occasion du premier anniversaire de l'adoption du règlement sur l'internet ouvert qui régit notamment les aspects liés à la neutralité du Net, et tandis que l'ARCEP sort son premier rapport sur l'état de l'Internet, nous dressons ci-dessous un bilan assez mitigé de sa mise en œuvre en France et au sein de l'Union européenne.

Si le rapport de l'ARCEP fait apparaître quelques points positifs, il dresse un bilan un peu trop élogieux, laissant dans l'ombre tout ce qui ne progresse pas. La Quadrature souhaite donc dresser son propre bilan, plus sombre, de l'état de la neutralité du Net, et plus largement, du rôle des intermédiaires techniques dans l'exercice des libertés fondamentales dans l'environnement numérique.

Sur tous ces points, le régulateur a été alerté, par nous et par d'autres. Sur tous ces points, il s'informe. Reste qu'il n'agit pas (toujours). Et quand il y a incontestablement matière à agir, l'ARCEP préfère parfois attendre d'être saisie par les utilisateurs pour imposer aux opérateurs de respecter les règles édictées au niveau européen. Le régulateur est trop frileux pour se mettre en avant, pour dire ce qu'il constate, préférant se cacher derrière des particuliers ou des associations de consommateurs.

Le président de l'ARCEP nous invitait, il y a un an, à juger sur pièce. Un an plus tard, le régulateur n'a pas agi. Il nous disait hier que, la phase de dialogue pro-actif étant terminée, l'ARCEP allait maintenant agir. Il nous invitait implicitement à attendre pour juger sur pièces les actions... Cela fait deux fois. C'est beaucoup.

La Quadrature n'a pas de ligne impérative, et pas vraiment d'avis, sur le mode d'action du régulateur. Mais force est de constater que les résultats ne viennent pas.

« Ce que nous souhaitons, ce ne sont pas des études, des sanctions, des rapports, du dialogue, de la législation, ou une incantation. Ce que nous souhaitons c'est que les opérateurs cessent les comportements abusifs qu'ils ont vis-à-vis de leurs abonnés. L'ARCEP est l'autorité en charge de ce dossier, et le dossier n'avance pas. » conclut Benjamin Bayart, cofondateur de La Quadrature du Net.

Si l'ARCEP va en général plutôt dans le bon sens, cette politique attentiste dans certains domaines est un point noir de son activité. Sébastien Soriano parlait des zones de gris du règlement. Voici une zone grise de son action :

IPv6 : rien ne sert de courir, mais quand même

Les lignes directrices (paragraphe 16) de l'ORECE1 prévoient d'autoriser la fourniture d'une adresse IP fixe (soit IPv4, soit IPv6) et nous faisions part de nos inquiétudes sur la mise en œuvre, dès septembre dernier. Aujourd'hui, le déploiement de l'IPv6 est lent et le manque d'IP fixes voire d'IP publiques pour le cas des téléphones, ne permet pas aux utilisateurs de fournir du contenu et des applications en auto-hébergement, alors même que ce droit est directement inscrit dans la définition de la neutralité du Net en Europe. En outre, l'augmentation du nombre d'équipements ne peut qu’accroître ce problème, bridant « certaines applications ou certains usages, limitant le caractère pleinement ouvert d'internet et la liberté des utilisateurs. »2
L'ARCEP a néanmoins pris le taureau par les cornes en ouvrant un observatoire de la transition vers IPv6 en France. La transition vers IPv6 est encore bien lente cependant, un simple observatoire n'est sans doute pas suffisant.

VOD et services gérés : Tous sont égaux mais certains sont plus égaux que d'autres

En matière de VOD ou VOIP, certains opérateurs profitent de leur situation pour proposer leur propre offre, ou celle d'un partenaire, favorisant le trafic de ce service. Ce type de pratique est totalement contraire au règlement sur l'internet ouvert3. Ainsi, les flux de VOD (ou VOIP) de toutes les offres du marché, quel que soit le fournisseur, devraient passer par cet accès priorisé, sous peine d'empêcher la création de nouveaux services qui ne bénéficient pas des mêmes avantages : barrières à l'entrée sur le marché, mais aussi choix réduit de l'utilisateur en fonction des choix de l'opérateur.
La priorisation du trafic n'est pas en elle-même un problème. C'est le fait que cette priorisation se fasse pour un seul service de VOD (ou VOIP) qui est un problème, et que le service qui en bénéficie est choisi par l'opérateur et non par l'utilisateur final.
Jusqu'à présent le régulateur n'a pas dépassé l'étape du « dialogue proactif » avec les opérateurs, mais dans la mesure où ce type de pratique demeure, il semblerait nécessaire de passer à l'étape suivante, sans attendre les plaintes des consommateurs.

DNS mobile, proxys intrusifs et portails captifs

Chez les opérateurs mobiles, les DNS menteurs, les proxys intrusifs (qui modifient le contenu et gardent des traces) et les portails captifs restent fréquents, et le « dialogue proactif » de l'ARCEP tarde à se muer en une intervention résolue du régulateur pour mettre fin à ces pratiques inacceptables. Pourtant, ces pratiques empêchent les utilisateurs de contourner la censure privée des opérateurs, et permet au contraire à ces derniers d'agir sur le contenu (redirection vers de la publicité, filtrage, compression, etc.) sans transparence ni moyen pour l'utilisateur de s'en protéger.

Chantage à la 5G

Le leitmotiv des opérateurs aujourd'hui, y compris dans le cadre des négociations sur le paquet télécom, est que le seul moyen de gérer correctement le réseau 5G, de rentabiliser les investissements et de favoriser l'innovation est de permettre de revenir sur le règlement européen garantissant la neutralité du Net.
Aucun des arguments n'est réellement valable et la neutralité du Net est au contraire un réel facteur d'innovation et de développement de la concurrence et des usages, permettant à tous les utilisateurs et acteurs un accès identique au réseau pour fournir et utiliser les services. L'ARCEP ne semble pas suivre cette voix des opérateurs et c'est une bonne nouvelle. On attendrait cependant du régulateur français comme de la Commission européenne une dénonciation claire de ce chantage des opérateurs dominants.

Quelle liberté de choix du terminal ?

Le règlement européen indique que l'utilisateur final peut utiliser le terminal de son choix, règle nécessaire pour assurer un internet ouvert. Sur ce point, des travaux sont en cours du côté de l'ARCEP, mais aucun progrès n'est constaté dans la pratique, et ce n'est pas faute d'en avoir parlé.
Ainsi aujourd'hui, l'utilisateur final est toujours soumis à la vente liée des opérateurs fixes (la box) et ne peut toujours pas opter pour l'équipement terminal de son choix, pourtant fondamental pour permettre par exemple d'utiliser des logiciels libres, et pour pouvoir contrôler la connexion au réseau, s'émancipant ainsi d'opérateurs qui ne respectent pas toujours la neutralité complète du réseau.
L'ARCEP fait une analyse assez bonne des problèmes sur les terminaux mobiles : omniprésence des solutions fermées dans des environnements contraints (iOS et Android), fermeture des environnements applicatifs (Markeplace et autre Store), situation de duopole de fait, position contraignante d'intermédiaire technique dans l'accès au réseau, etc. Un rapport sur le sujet a été publié en même temps que celui sur l'état d'Internet. Mais ce sujet est d'autant plus facile à analyser pour le régulateur qu'il est en dehors de son champs de compétence : facile d'analyser quand on n'agira pas.

Le zero rating reprend de la vitesse

La situation s'est dégradée dans plusieurs États membres. Le zéro-rating, accepté par le régulateur belge et la justice néerlandaise est contraire à l'esprit qui présidait à la préparation du règlement. Les opérateurs sélectionnent ce que leurs abonnés sont supposés pouvoir voir sans limite, s'arrogeant un pouvoir anormal dans la façon dont les citoyens accèdent à l'information. En Allemagne aussi, une offre de Deutsch Telekom porte atteinte à la neutralité du Net depuis début avril, sans réaction du régulateur.
Le manque de clarté des lignes directrices du BEREC ne permet aujourd'hui pas d'assurer une application uniforme du règlement dans toute l'UE, et le mécanisme de coordination au sein du BEREC - présidé actuellement par Sébastien Soriano - semble insuffisant. Faudra-t-il en passer par des recours auprès de la Cour de justice de l'UE (CJUE) ?
C'est particulièrement inquiétant, parce que sur le zero-rating, les régulateurs européens ont bien identifié la pratique comme risquée et peu souhaitable, et cependant elle se propage. Cet effet désastreux force à s'interroger. Pour défendre l'inérêt général, pour limiter les abus des puissants, la régulation des télécoms est-elle un outil stérile ?

Des offres commerciales inquiétantes

Le développement de gros groupes possédant à la fois le réseau, des services culturels et des médias et le développement d'offres intégrant ces divers services, posent la question de la liberté d'expression et du droit d'accès à l'information, mais aussi du pluralisme des médias.
Ainsi le règlement dans son considérant 74 prend en compte les effets néfastes sur les droits et libertés d'offres proposées par des fournisseurs de services qui auraient une position dominante sur le marché. Que dire donc des offres de bouquet TV largement répandues, mais aussi des offres SFR Presse et du récent Bouquet Presse de Bouygues ?
Sur ces points encore, l'ARCEP se contente d'attendre que des plaintes soient déposées. Regrettable, là encore.

Appel à la non prorogation de l'état d'urgence : lettre au Président de la République

mercredi 24 mai 2017 à 17:32

Paris, 24 mai 2017 — À l'issue du conseil de Défense tenu ce mercredi matin, le Président de la République a annoncé qu'il demanderait au Parlement la prolongation de l'état d'urgence jusqu'au 1er novembre 2017, ainsi que la discussion d'une nouvelle loi pour lutter contre le terrorisme.

La veille de cette réunion, nous, associations de défense des droits, avocats et universitaires, avions envoyé un courrier au Président de la République lui demandant d'avoir le courage de ne pas renouveler une fois encore l'état d'urgence, déclaré inopérant dans la lutte antiterroriste par les missions de contrôles parlementaires qui ont eu à en connaître ces derniers mois.

Nous regrettons que le Président de la République et son gouvernement aient annoncé, aussi rapidement et sans concertation avec les acteurs de la société civile qui travaillent sur le sujet, leur volonté de renouvellement de l'état d'urgence.

Leur engagement à évaluer les politiques publiques trouvait pourtant sur le sujet de l'état d'urgence un motif impérieux d'être mis en pratique immédiatement : qu'en est-il de l'évaluation de l'efficacité et de la constitutionnalité du mille-feuilles juridique sécuritaire mis en place ces 5 dernières années au fil des différentes loi antiterroriste (5 en 3 ans) ? Alors que de plus en plus souvent les mesures antiterroristes, ou liées à l'état d'urgence, sont appréhendées par les spécialistes comme relevant de la communication politique davantage que de la logique opérationnelle, quelle évaluation a été faite de leur impact sur l'état de droit, les libertés fondamentales ou la cohésion sociale ? De même, la réflexion sur une réorganisation des services de renseignement, telle qu'annoncée par le Président, au profit d'une meilleure lutte antiterroriste ne devrait-elle pas être menée à son terme avant toute proposition de nouvelle loi antiterroriste ou sécuritaire ?

Nous rendons ici public notre courrier au Président de la République qui reprend de façon synthétique la plupart des revendications que nous portons. De par nos expériences respectives, nos travaux, et le dialogue avec certaines institutions, nous avons acquis la conviction de l’inefficience de l’état d’urgence et de son caractère contre-productif.

Télécharger la lettre au Président de la République contre le renouvellement de l'état d'urgence

Monsieur le Président de la République,

Le Conseil de Défense et de Sécurité nationale que vous avez convoqué demain se réunira moins de deux jours après que le Royaume-Uni a été durement frappé par une action terroriste. Nous souhaitons d’abord exprimer notre solidarité à l’égard des victimes et de leurs proches. Ce drame ne vous dégage toutefois pas de la responsabilité que vous confie la Constitution de rétablir le fonctionnement régulier des institutions. L’état d’urgence ne favorise en rien la protection de nos concitoyens et empêche au contraire de concevoir une réponse de long terme à la menace du terrorisme international.

Nous, membres actifs de la société civile, assistons avec inquiétude à ce basculement normatif se diffusant durablement dans le droit en portant une atteinte insupportable aux libertés fondamentales, libertés pour la garantie desquelles nous nous battons et que nous ne voulons pas voir réduites sous la pression de la menace terroriste.

La menace qui pèse sur la France - comme sur d'autres pays d'Europe et du monde - reste et restera longtemps élevée. Plus de 18 mois après son déclenchement, face à une menace terroriste persistante et latente, les conditions juridiques de prorogation de l’état d’urgence - le péril imminent résultant d’atteintes graves à l’ordre public - ne sont pas réunies.

Nous pensons que la seule audition des services de renseignement ne vous suffira pas pour avoir une vision complète de la situation. L’appréciation objective de la situation actuelle commande d’entendre l’ensemble des acteurs (juristes spécialisés, universitaires, avocats spécialisés, associations qui accompagnent les personnes visées par les mesures, éducateurs, médiateurs…) qui vous éclaireront sur les effets toxiques de l’état d’urgence, pour certaines communautés comme pour l’ensemble de la société française, ainsi que sur l’efficacité de la lutte contre le terrorisme elle-même.

De par nos expériences respectives, nos travaux, et le dialogue avec les institutions, nous avons acquis la conviction de l’inefficience de l’état d’urgence et de son caractère contre-productif. Nous faisons ici écho aux bilans dressés par la commission des lois de l’Assemblée nationale chargée du contrôle parlementaire de l’état d’urgence et par des autorités indépendantes, comme le Défenseur des droits, la Commission nationale consultative des droits de l’Homme ou encore le Commissaire européen des droits de l’Homme.

La commission d’enquête parlementaire sur les moyens mis en œuvre dans la lutte contre le terrorisme a affirmé clairement que « s’il a été réel, cet effet déstabilisateur, lié à la surprise des opérations menées, semble s’être rapidement amenuisé ». En contournant la justice antiterroriste, en épuisant les forces de sécurité, l'état d'urgence s'avère même à long terme non seulement inefficace, mais aussi contre-productif.

Nous tenons par ailleurs à vous rappeler le coût, social, politique et institutionnel très élevé de l'état d'urgence qui autorise des mesures impliquant des atteintes graves aux libertés individuelles sans contrôle en amont du juge judiciaire et sans que le contrôle a posteriori du juge administratif permette de compenser cet absence de contrôle a priori. Un régime d'exception ne saurait durer si longtemps impunément pour la République et ses citoyens. Il tend à fragiliser la séparation et l’indépendance des pouvoirs, en particulier au prix d’une dé-judiciarisation s’installant durablement dans notre paysage juridique. Notre droit commun, déjà de plus en plus imprégné de dispositions dérogatoires aux principes fondamentaux de la Constitution, se retrouve de facto disqualifié par la longueur de l’état d’urgence, et cela nous inquiète pour l’avenir.

Monsieur le Président, vous avez plusieurs fois affirmé que vous souhaitiez réconcilier la France. Des vies ont été et sont encore bouleversées par des mesures disproportionnées et discriminatoires : assignations à résidence se prolongeant de manière indéfinie, fermeture prolongée et non motivée de certains lieux de culte, multiplication des contrôles au faciès stigmatisant les personnes de confession musulmane ou supposée telle, autant d’éléments dont l’efficacité dans la lutte contre le terrorisme n’a jamais été démontrée... Au fil des mois, nous avons documenté de nombreux abus commis contre des personnes en vertu des pouvoirs d’exception conférés par l’état d’urgence.
A cet égard, l’avis rendu le 18 mai 2017 par la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH) sur la prévention de la radicalisation, confirme que les « signes de radicalisation », souvent faibles, donnent lieu à des mesures disproportionnées, aussi bien administratives que judiciaires, témoignant des effets contre-productifs des mesures prises. L’état d’urgence est un facteur de division interne de la société française, ne pas le renouveler serait une marque de courage et un pas en avant vers une réflexion sur la résolution à moyen et long terme de la menace terroriste dans une société multiple et apaisée.

Vous aurez noté que ni l'Allemagne ni la Belgique, également touchés par des attentats, n'ont eu recours à un régime juridique d'exception tel que l’état d’urgence. En revanche, la France s’illustre négativement, en étant l’un des seuls pays du Conseil de l’Europe qui dérogent, avec l’Ukraine et la Turquie, à l’application de la Convention européenne des droits de l’Homme.

Nous rejoignons enfin la déclaration de Monsieur le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb faite le 19 mai 2017, selon laquelle « à un moment donné, il faudra sortir de l’état d’urgence ». Nous pensons que ce moment est venu.

Nous invitons donc le gouvernement à ne pas soumettre au Parlement de projet de loi pour proroger une sixième fois l’état d’urgence.
Nous nous tenons à votre disposition pour nous entretenir de ce sujet avec vous, ou avec vos proches collaborateurs.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, notre très haute considération

Organisations signataires :

Avocats signataires :

Copies :

Télécharger la lettre au Président de la République contre le renouvellement de l'état d'urgence

Lettre ouverte aux institutions européennes : WIFI4EU doit promouvoir la diversité, le local et les droits humains

lundi 22 mai 2017 à 16:44

Paris, le 22 mai 2017 — Alors que le Conseil de l'Union européenne et la Commission européenne entrent dans la phase obscure des trilogues pour le projet de réglement WIFI4EU, les réseaux associatifs européens ainsi que la communauté du wifi-ouvert veulent leur rappeler l'importance d'inclure tous les acteurs dans le développement de la connectivité locale.

Sujet : WIFI4EU — l'Union européenne doit promouvoir la diversité dans le secteur des télécommunications et résister à la marchandisation des réseaux financés par de l'argent public

Monsieur, Madame,

Les délégations des membres du Parlement européen sont en train de terminer les négociations pour le projet de règlement WIFI4EU. Ce règlement autorisera les collectivités locales à ouvrir des points d'accès WIFI afin de développer l'accès à Internet, particulièrement dans les communautés mal couvertes.

WIFI4EU est une initiative annoncée l'année passée par le président Juncker dans le discours sur l'état de l'Union prononcé à Strasbourg. Afin de tenir sa promesse « d'équiper chaque village européen et chaque ville d'un accès sans fil à Internet autour des centres de vie publique d'ici 2020 », l'UE va débloquer 120 millions d'euros entre 2017 et 2019 afin de déployer des points d'accès WIFI dans 6000 à 8000 collectivités locales.

Mais alors que les trilogues se terminent, il y a un grand risque de voir cette louable initiative rater l'opportunité de promouvoir la diversité dans le domaine des télécommunications et de promouvoir les droits humains. Les négociations récentes démontrent que les gouvernements des États membres veulent garder les petits fournisseurs d'accès à Internet locaux hors du champ, en favorisant les opérateurs et corporations historiques et en leur laissant le droit d'espionner les communications des utilisateurs.

Pour surmonter ces risques, nous appelons le Conseil de l'UE et la Commission européenne à soutenir la proposition constructive du Parlement européen, et demandons que les termes restent suffisamment fermes pour garantir l'intérêt public dans les politiques de télécommunication.

Faire de la place pour les PME et les coopératives à but non lucratif

Dans le considérant 4 du règlement, le Parlement européen insiste sur l'engagement d'organisations telles que « les coopératives sans but lucratif » et « les centres communautaires » en tant qu'entités pouvant offrir un accès à Internet sans fil. Dans la même veine, au considérant 9b, le Parlement européen souhaite promouvoir les PME locales et les acteurs sans but lucratif comme les bénéficiaires clés pour la fourniture et l'installation d’équipements 1. Une telle formulation garantit que les acteurs locaux et de petite taille — y compris des PME et de nombreux réseaux communautaires à but non lucratif — seront éligibles aux fonds WIFI4EU. En dirigeant ces fonds vers ces acteurs de petite taille mais compétents, WIFI4EU promouvrait l'emploi local ainsi que la diffusion des compétences techniques et de la diversité dans le secteur des télécommunications, au lieu de favoriser les acteurs déjà dominants de l'industrie. Il est déjà pour le moins choquant de constater que de nombreux réseaux communautaires sans but lucratif gèrent le type de réseaux sans fils ouverts dont WIFI4EU fait la promotion, sans ou avec peu de soutien public. En dirigeant ces fonds européens vers ces acteurs quand cela est possible, WIFI4EU a la possibilité de les aider à grandir et à étendre leurs activités au niveau local. Malheureusement, le Conseil européen essaye de retirer ces considérants en prétextant qu'ils ne reposent sur aucune base légale, ouvrant ainsi la voie aux acteurs dominants pour qu'ils ramassent l'essentiel des subsides de WIFI4EU.


Considérant 4

Protéger le droit à la vie privée en renonçant à l'authentification préalable

Au considérant 2, le Parlement européen et le Conseil de l'Union européenne promeuvent tous deux un système d'authentification unique qui pourrait être utilisé à travers toute l'UE. Cette solution qui favorise un système d'authentification pour réglementer l'accès aux réseaux « ouverts » ne s'appuie sur aucun raisonnement substantiel, et va à l'encontre des droits humains. Nous comprenons le but des législateurs de rendre l'accès à ces réseaux publics aussi facile que possible pour les gens voyageant à travers l'UE, mais la manière la plus simple d'arriver à cela, c'est de garantir que ces réseaux soient en effet des réseaux ouverts sans authentification. Si l'objectif du système d'authentification est d'empêcher les activités illégales, il faut rappeler aux législateurs que l'Avocat Général de la CJUE a récemment expliqué dans l'affaire C‑484/14 (McFadden) qu'imposer aux opérateurs de réseaux sans fil une obligation « d'identifier les utilisateurs et de conserver leurs données » serait « clairement disproportionnée » car elle ne serait pas en elle-même efficace (…) à empêcher des violations particulières ». Dans sa décision, la Cour a convenu qu'une telle obligation ne devrait être seulement imposée qu'après qu'un opérateur WIFI aura reçu une injonction ciblée spécifique à le faire. Pour minimiser le risque d'atteinte à la vie privée associé à la rétention de données et favoriser la facilité d'utilisation, WIFI4EU ne devrait pas promouvoir les systèmes d'authentification dans ce qui est censé être des points d'accès ouverts et gratuits.


Considérant 2

Garder la publicité et la surveillance commerciale hors des réseaux sans fils publics

WIFI4EU ne doit pas transformer en valeur marchande les services financés par de l'argent public en autorisant des modèles publicitaires rendus possible par la surveillance commerciale. Malheureusement, le Conseil essaie de saper la protection proposée par le Parlement dans le considérant 2 qui exclu l'utilisation des données de trafic pour des raisons publicitaires ou d'autres utilisations commerciales. Le Parlement et le Conseil doivent garder la version du Parlement afin d'être entièrement alignés avec le cadre de protection des données personnelles ainsi que la Charte des Droits Fondamentaux de l'Union européenne. De plus, l'utilisation commerciale de données ne peut se justifier dans le cadre de services publics, particulièrement si ces services sont financés par de l'argent public.

Offrir un accès gratuit, ouvert et neutre à ceux qui en ont le plus besoin

La première priorité de WIFI4EU est de mettre en place un réseau d'accès sans fil ouvert et gratuit qui développera un accès à Internet dans les localités non ou mal desservies. La proposition du Conseil d'effacer l'objectif législatif de « ne pas laisser les localités éloignées et les zones rurales à la traîne » et de faire de ces réseaux financés par de l'argent public « exempts de charges et exempt de restrictions » est dangereuse. Elle suggère que les réseaux de WIFI4EU pourraient ne pas être gratuits, ni ouverts ni même respecter la neutralité du Net, principe gravé dans la réglementation européenne lors de la première régulation sur les télécommunications. La formulation du Parlement européen doit être confirmée.


Considérant 4a


Considérant 2§2c

Nous comptons sur vous afin d'assurer que les propositions du Parlement européen, qui servent l'intérêt général ainsi que les objectifs spécifiques de l'UE concernant la législation sur la bande passante, soient conservées dans la version finale du texte.


Consulter le document entier ici (pdf)

Signataires :

  • Aquilenet (France)
  • BlueLink Civic Action Network (Bulgarie)
  • CAFAI (France)
  • Colectivo Helianto (Navarre)
  • Common Grounds (Allemagne)
  • Chaos Computer Club Lëtzebuerg (Luxembourg)
  • exo.cat (Espagne)
  • FDN (France)
  • FFDN (France)
  • Free Knowledge Institute (Europe)
  • Frënn vun der Ënn (Luxembourg)
  • Funkfeuer Wien (Autriche)
  • Guifi Foundation (Espagne)
  • IGWAN.NET (France)
  • Ilico (France)
  • La Quadrature du Net (France)
  • LibreMesh (Global)
  • wlan slovenija, open wireless network (Slovenie)
  • netCommons (EU)
  • NetHood (Suisse)
  • Open Technologies Alliance - GFOSS (Grèce)
  • Progetto Neco (Italie)
  • Sarantaporo.gr Non Profit Organization (Grèce)
  • SCANI (France)
  • Tetaneutral.net (France)
  • Viviers Fibre (France)
  • Wireless België (Belgique)
  • Xnet (Espagne)
  • WirelessPT.net (Portugal)

Présidentielles 2017 : changer de méthode pour changer de cap

jeudi 20 avril 2017 à 17:47

Paris, 21 avril 2017 — La campagne électorale française donne peu de satisfaction depuis des mois. Entre affaires, discours sécuritaire et coups bas, la politique au sens noble du terme a peu de place, les propositions positives sont quasiment absentes. Dans sa volonté d'action positive et de long terme, La Quadrature du Net s'associe avec d'autres organisations couvrant une large part du champ social pour remettre au coeur du débat public les idées de transformation sociale et politique que nous portons depuis des années. Avec Aides, Greenpeace, la Cimade et la Ligue des droits de l'Homme, nous refusons la résignation actuelle et redisons avec force qu'il faut avancer vers l'universalité, l'effectivité et l'égalité des droits, la dignité des personnes et la solidarité.

Logo Virage Citoyen

Cette campagne est décidément bien étrange. C’est la confirmation, s’il en fallait encore une, qu’un changement radical de méthode et de cap est nécessaire. Voilà maintenant plusieurs mois que la surenchère sécuritaire et les « affaires » polluent l’espace public. Ce climat délétère empêche l’émergence de tout débat de fond sur des sujets pourtant vitaux pour notre avenir commun. Bref disons-le clairement : cette campagne électorale n’est pas à la hauteur. Elle ne répond pas aux grands défis actuels, elle ne s’attaque pas aux racines des problèmes qui minent notre société et elle ouvre un boulevard toujours plus large aux forces populistes et rétrogrades.

Pour nous, acteurs-trices du changement et de la transformation sociale, la résignation n’est pas une option. Convaincus-es qu’un sursaut citoyen pourra nous sortir de l’impasse, nous parlons aujourd’hui d’une seule voix pour réaffirmer les valeurs qui nous lient et proposer une autre vision du monde. Il est temps de reconstruire ensemble un idéal commun et de faire prendre à notre société un nouveau virage. Un virage vers le progrès social. Vers une société où tous et toutes ont les mêmes droits, des droits effectifs qui reposent sur la solidarité. Un virage résolument citoyen.

Chaque jour sur le terrain nos organisations agissent en se confrontant au réel. Nous mobilisons des milliers de personnes pour défendre pied à pied notre bien commun le plus élémentaire : les droits fondamentaux. Le droit de chacun-e à vivre dignement, à être soigné-e correctement, à se déplacer, s’informer et s’exprimer librement, à être reconnu-e socialement, à vivre dans un environnement sain et à bénéficier du respect total de sa vie privée. Ensemble, nous défendons la solidarité, ici et ailleurs, aujourd’hui et demain. Nous agissons avec les personnes en situation de pauvreté, confrontées à la maladie, discriminées, menacées par les multiples risques sanitaires et écologiques.

Nous savons à quel point ces défis sont immenses et nous voulons peser en imposant la légitimité de ces sujets. Nous n’acceptons pas que le débat public soit pollué par celles et ceux qui proposent pour seul programme le repli identitaire et l’exclusion des plus vulnérables.

Il est temps que notre société apporte des solutions conformes au bien commun et à un avenir partagé, seul moyen de répondre aux enjeux considérables que sont la lutte contre la pauvreté et les inégalités, la transparence et l’exemplarité de la vie politique, la transition écologique, l’accès inconditionnel à la santé et à un logement décent, le devoir d’hospitalité, le respect des droits fondamentaux dans la transformation numérique, la promotion de la justice sociale et environnementale, la sécurisation des libertés publiques dans le contexte de risque terroriste.

Ces sujets méritent davantage qu’un addendum en fin de programme. Ils doivent être au cœur du débat. Mieux, les réponses politiques qu’ils exigent doivent se construire collectivement et s’appuyer sur l’expertise des citoyens-nes, des personnes concernées, des organisations et de la société civile.

Le monde associatif et militant, les millions de citoyens-nes qui agissent au quotidien montrent partout qu’une autre voie est possible.

Nous savons qu’il faudra du temps pour changer durablement de cap. Nous savons que le sursaut citoyen que nous appelons de nos vœux ne se produira pas en un claquement de doigts. Mais il n’est plus temps d’attendre Nous sommes prêts, ensemble, plus déterminés que jamais. Pour citer Elizabeth Plum, activiste américaine et opposante féroce à la politique de Donald Trump : « notre lutte ne sera pas un sprint, mais un marathon. ».

Les propositions de nos associations sur le site viragecitoyen.org

AIDES est une association française de lutte contre le VIH/sida et les hépatites, qui, dans une approche globale en santé, entend transformer la société toute entière. AIDES s’attaque à tous les facteurs de vulnérabilité qui entravent l’accès aux soins et à la prévention tels que les discriminations, la précarité sociale, financière et affective, les politiques répressives, les inégalités de santé et d’accès aux droits, les stigmatisations, etc. En luttant pour les droits des personnes vivant avec le VIH ou une hépatite et de toutes les populations les plus exposées au risque de contamination, en bousculant les représentations, en faisant évoluer le contexte politique, social, thérapeutique, AIDES milite pour une société plus égalitaire, plus juste, plus protectrice, plus inclusive et plus émancipatrice.

Greenpeace est une organisation internationale qui agit selon les principes de non-violence pour protéger l’environnement, la biodiversité et promouvoir la paix. Elle s’appuie sur un mouvement de citoyennes et citoyens engagé-e-s pour construire un monde durable et équitable. Nous sommes convaincus que chacun peut apporter sa pierre à l’édifice, qu’ensemble et avec nos alliés, nous pouvons changer un système qui repose trop souvent sur l’oppression, les inégalités et la cupidité d’un petit nombre. Nous voulons agir sur les causes des atteintes à l’environnement, des inégalités et des conflits.

La Cimade a pour but de manifester une solidarité active avec les personnes opprimées et exploitées. Elle défend la dignité et les droits des personnes réfugiées et migrantes.
La Cimade inscrit son engagement dans la perspective d’un monde plus juste. Forte d’une action de terrain auprès des personnes étrangères à toutes les étapes de leurs parcours (accueil dans des permanences sur l’ensemble du territoire, y compris Outre-mer, hébergement de demandeurs d’asile à Béziers et de réfugiés à Massy, présence dans huit centres de rétention administrative et 75 établissements pénitentiaires, défense des droits des personnes migrantes dans les pays d’origine, de transit et d’accueil avec des associations partenaires dans les pays du Sud), La Cimade intervient auprès des décideurs par des actions de plaidoyer, informe et sensibilise l’opinion publique sur les réalités migratoires et construit des propositions pour changer les politiques migratoires.

La Ligue des droits de l’Homme met au centre de ses actions la défense des libertés publiques, de la démocratie et de la capacité à faire société. Face à l’idée fausse que sécurité et liberté ne peuvent plus aller ensemble, elle s’oppose à un État d’urgence perpétuellement prolongé .alors que notre pays dispose d’un vaste dispositif législatif pour lutter cotre le terrorisme. Elle est aussi conduite à devoir combattre le détournement de la laïcité en moyen d’exclusion dirigé, en particulier, contre l’islam Notre société a au contraire besoin que la laïcité assure la neutralité de l’État et des collectivités territoriales tout en protégeant la liberté de conscience et la liberté de manifester son appartenance religieuse dans la sphère publique (loi de 1905). Contre toutes les constructions d’exclusions qui passent par des affirmations prétendument identitaires, il s’agit de mettre en pratique les valeurs permettant de « faire société ».

La Quadrature du Net défend les droits et libertés à l’ère du numérique. Elle promeut une législation et des politiques numériques fidèles aux valeurs qui ont présidé au développement d’Internet, notamment sur les questions de liberté d’expression, de respect de la vie privée, de droit d’auteur et de régulation du secteur des télécommunications. La Quadrature du Net agit en défense des droits fondamentaux contre la censure, la surveillance, les atteintes à la vie privée, le non-respect de la neutralité du Net, et en défense des Communs.

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